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Enlisement

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C'était le risque et de toute évidence, trois semaines après les premiers bombardements contre les forces loyales au colonel Kadhafi, la crainte de l'enlisement se fait de plus en plus précise.

Jacques Hillion  


 La ligne de front semble figée et, depuis le retrait des forces américaines qui a accompagné le passage de relais à l'Otan, ni Londres, ni Paris, les principaux acteurs de l'intervention en Libye, n'ont les capacités de sortir de leur isolement. D'où l'appel à l'aide, mardi dernier à Luxembourg, du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Non seulement il demande que l'Otan «maintienne et intensifie» ses frappes, mais il a ouvertement réclamé le soutien militaire d'autres pays que ceux qui forment la coalition. Et ce, alors que l'idée d'envoyer des troupes au sol pour protéger une mission humanitaire gagne petit à petit du terrain.
Il y a urgence. Une urgence de politique intérieure puisque, selon un sondage publié dans Le Monde de mercredi, le soutien des opinions publiques française, britannique, américaine et italienne est loin d'être éternel. Certes, en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, l'intervention militaire est majoritairement approuvée, mais l'adhésion à ses objectifs reste floue. Et c'est là toute l'ambiguïté de cette intervention.
Le but avoué de cette mission est de protéger les civils libyens de la répression des forces de Kadhafi. Celui inavoué, mais réel, reste cependant le renversement du Guide libyen.
Il n'est dès lors pas étonnant que le débat sur le soutien occidental au Conseil national de transition soit de plus en plus vivace. Ce dernier serait pour certains, au pire infiltré par Al-Qaïda, au mieux un centre de recyclage d'anciens caciques du régime libyen.
Quant à la question de la légitimité d'une telle opération, elle reste toujours à l'ordre du jour, que ce soit par rapport aux nombreux autres pays soumis au joug de dictateurs et autres autocrates, ou que ce soit par rapport au risque d'enlisement. Risque réel mais indissociable du printemps arabe, qui se poursuit même si Ben Ali et Moubarak sont tombés. Car, bien que la parole soit libérée, la Tunisie se cherche toujours un avenir, lequel semble bien incertain à tous les Tunisiens qui préfèrent venir le chercher en Europe. Les Égyptiens découvrent que l'armée défend plus ses intérêts que les manifestants de la place Tahrir. En Syrie, le régime fait tirer sur les manifestants. L'armée saoudienne est toujours au Bahreïn pour protéger la monarchie au pouvoir…
L'histoire ne s'écrit pas en un jour. La seule certitude, c'est que le printemps arabe marque une ligne de fracture entre un ordre ancien et un avenir à inventer, ce qui implique incertitudes et vicissitudes.
Et une forme d'enlisement sans nul doute préférable au conservatisme qui, il y a peu encore, voulait que l'on soutienne aveuglément les dictatures arabes. Rome ne s'est pas faite en un jour. 

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Magique, touchant, grave

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Quelle différence entre l'investiture du président Hollande et celle de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy!
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