Étonnements
Calixte de Nigremont, fidèle au poste
Chaque année, ils se font un peu plus attendre, avec leur lot de surprises. Si la formule de ce festival des arts du cirque et de la rue a fait ses preuves, cette 12e édition saurait-elle la renouveler?
Christophe Prévost
C'est le rendez-vous culturel du mitan de l'été pour ceux des amateurs des arts de la rue, éclairés ou non, qui ne se sont pas échappés hors des frontières de la région. Un festival familial car convivial où le public déambule, bon enfant, au gré des spectacles, entre la cour du château et ses abords immédiats.
Un festival qui veut mélanger des styles, des techniques et des esthétiques animé par un maître de cérémonie, le toujours sarcastique et inénarrable Calixte de Nigremont, ce chevalier de la répartie audacieuse nourrie à l'improvisation qui ponctue les enchaînements entre les spectacles de saillies piquées au fiel, parfois aussi vertes qu'est affectée son élocution. On le retrouve donc, fidèle au poste cette année, où son rôle pourrait bien être plus précieux encore.
Car la programmation de cette douzième édition, très tournée vers les arts du cirque et les spectacles musicaux, laisse un tout petit peu sur sa faim. Et ce malgré la principale nouveauté apportée à ces «Inattendus»: des ateliers permettant de sensibiliser le public aux arts du cirque et de la rue et des rencontres avec les artistes seront proposés tout au long des deux journées. Pour la programmation pure, on retrouve une compagnie habituée des lieux, la Compagnie Roue Libre, originaire de Moselle pour un spectacle de clown burlesque. Dans un espace créé pour l'occasion, une vieille Carlo des années 60, rires, jonglerie, feu, magies et prouesses comiques vont aiguillonner ce Swing Carlo dans un esprit très BD.
Farces et rêveries
Autre compagnie régionale, venant de Meuse, la compagnie «La Chose Publique» propose un théâtre pour tout public, à la fois philosophique, interactif, itinérant et écologique avec Les Livreurs qui débarquent avec un drôle de camion.
La compagnie «La Conserverie» de Haute-Garonne veut elle interroger sur la déshumanisation des choses toutes simples en jouant sur le parallèle entre un personnage féminin plutôt rustre et la MAC CSLM, la machine à confectionner la confiture sans les mains dont il veut nous présenter les bienfaits. Spectacle de fildefériste, La tête en confiote se joue d'un personnage au nom bien local: Mirabelle. Sans oublier la compagnie «Théâtre des Monstres» nous laissera découvrir le quotidien de deux colocataires, un homme, une femme, de l'«Hôtel des Hortensias», hôtel trois étoiles de l'imaginaire. Un spectacle musical parsemé de poésie, de cocasserie et de farces humides, entre rêve et réalité.
Le reste est purement musical, avec le «Mojo Brass Band» venu du Puy de Dôme, peut-être le plus petit Brass-Band du monde puisqu'il est seulement composé d'un trombone, un saxophone, un tuba et d'une batterie, interprétant des compositions et des standards funk arrangés en principe pour quinze musiciens. Il y a aussi la Fanfare de poche par «Le Mystère des Éléphants» (Haute-Garonne encore), quatre musiciens en guise de pachydermes qui se tiennent par la trompe et laissent aller leur corps lourds à la danse et la rêverie... Et enfin, avec Tout ça l'ensemble de Meurthe-et-Moselle Piccolo revisite la chanson française (de Brassens aux Rita Mitsouko), de manière grave ou humoristique, façon chorale polyphonique a capella.
Pour finir, l'entrée au festival est aussi l'occasion de voir ou revoir la superbe exposition Niki de Saint Phalle au château.
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