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Question de justice

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image Pour Jean Guill, la CSSF est un gendarme, pas un juge

Le directeur général de la CSSF s'est exprimé sur l'évolution souhaitable des pouvoirs de sanction de son institution.


Marc Fassone
 
La CSSF dispose-t–elle des moyens de sanction suffisants pour faire respecter les réglementations en vigueur sur la Place.
Un débat plus politique que théorique, le Luxembourg s'étant vu reprocher, lors de l'affaire Madoff, entre autres, son manque de poids pour contraindre UBS Luxembourg, la banque dépositaire du fonds Luxalpha, à restituer les fonds dont elle avait théoriquement la garde.
Dans le même cas de figure, l'AMF, en France, a su contraindre la Société générale et RBC Dexia à restituer les actifs dont elles avaient confié la conservation à Lehman Brothers, la banque d'affaires américaine en faillite.
Au nom de la protection des investisseurs.
Pour Jean Guill, du moins sur un plan technique, la CSSF dispose de plus de pouvoirs de sanction qu'on peut le croire à l'étranger.
À l'étranger, on se focalise sur le côté limité de nos sanctions financières, à savoir 12.500 euros au maximum qui, dans le monde de la finance, ne représente pas grand-chose Mais on oublie nos pouvoirs d'intervention qui vont de l'injonction à la suspension des personnes, des activités et des agréments. Nous avons le pouvoir de condamner à mort…
Ceci étant dit, nous étions conscients, et ce avant la crise, que notre arsenal de sanction n'était pas à l'abri de la critique. Notamment au niveau procédural en ce qui concerne les droits de la défense. Pour y remédier, nous avons déposé un avant-projet de loi sur le sujet.

juge ou gendarme?

Nous allons aller plus loin, notamment en termes de gradation des sanctions. On peut faire mieux.
Et il rajoute que cette réforme est également l'occasion de répondre aux critiques du GAFI et de la Commission européenne. C'est une urgence politique.
Ceci dit, pour en revenir au cas très pratique de LuxAlpha, Jean Guill estime qu'avant de faire injonction à une banque dépositaire de restituer des fonds égarés, il faut s'assurer de qui a déposé, de ce qui a été déposé et de ce qui s'est réellement passé.
Et ça, pour le directeur général de la CSSF, c'est le rôle du juge.
Nous sommes un gendarme, pas un juge. Le pouvoir de trancher des questions de responsabilité civile ou pénale ne nous appartient pas.
Une position qu'il défend en invoquant la séparation des pouvoirs. Tout en reconnaissant que cette position peut être mal comprise.
Elle l'est sûrement pour les liquidateurs de la Sicav Luxalpha qui ont assigné la CSSF. Une assignation non pas en responsabilité comme c'est le cas pour UBS Luxembourg et Ernst & Young (Le réviseur de LuxAlpha) mais pour obtenir la production de documents mettant en évidence la réalité des rapports entre LuxAlpha et ses prestataires de service.
On est là dans l'établissement des faits.
La position de Jean Guill est claire sur ce point: nous collaborons avec la justice.
Mais il rajoute: il n'est pas évident de savoir quels documents nous devons fournir. À la justice de décider. Cela permettra d'avoir une vision de nos obligations.
Mais l'établissement des faits ne devrait–elle pas être la mission de la CSSF, gendarme?
Espérons que le projet de loi précise, en plus de la nouvelle gamme de sanctions à la disposition de la CSSF, ses obligations en termes d'établissement des faits en cas de fraude.
On y gagnerait en clarté. 

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Benoit D. sur 25/04/2010 23:50:36
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Monsieur Fassone, Monsieur Barbian : J’ai lu votre article du 22AVR10 avec le plus grand intérêt. Celui-ci tombe à point nommé pour moi! Cela fait bientôt 4 ans que je suis dans une situation de litige qui m’oppose à une filiale d’une Banque importante de la Place Financière de Luxembourg. J’ai transmis mon dossier à la CSSF, il y a environ deux ans. Après acceptation et analyse de mon dossier, la CSSF a « invité » la Banque à trouver un accord amiable avec ma personne. La CSSF qualifie mon affaire de “très sensible” étant donné la nature des faits qui sont reprochés à la Banque. Malgré le fait que j’ai apporté toutes les preuves nécessaires à la CSSF (preuves écrites et enregistrements de communications téléphoniques sans équivoque) pour démontrer les erreurs professionnelles, les pressions à mon encontre et les tentatives de malversations de la part de la Banque, je me suis récemment rendu compte d’un regrettable « manque d’autorité » de la part de la CSSF, à laquelle j’ai d’ailleurs également reproché par écrit son apparent “manque de fermeté”. Il est un fait certain que la CSSF ne jouit pas actuellement des pouvoirs qu’elle devrait avoir pour se gagner le respect des Banques qu’elle est censée surveiller et contrôler. Au point que parfois je me demande si la CSSF est vraiment bien un organisme « indépendant » créé par les autorités de Luxembourg, et non pas un organisme qui aurait été créé par les banques luxembourgeoises elles-mêmes pour simuler l’existence d’un organisme de contrôle qui serait en fait sous leur propre contrôle ou sous leur influence? Ceci n’est pas une accusation, je ne me permettrais pas, mais simplement un doute qui me vient pourtant souvent à l’esprit dans le cadre de mon litige avec la Banque par le fait que la CSSF ne parvient pas à « faire plier » la Banque malgré les évidences de ses fautes. Une réforme qui donnerait plus d’autorité à la CSSF me semble indispensable, car l’existence même de la CSSF me parait formidable, mais il faudrait que la CSSF ait vraiment à sa disposition des outils qui lui permettraient d’agir avec davantage d’efficacité et de fermeté, sans pour autant bien sûr qu’elle puisse se substituer à la Justice ni abuser d’une autorité et d’un pouvoir exécutif accrus qu’elle pourrait recevoir. Je crois comprendre l’ambigüité de la position de la CSSF; Position qui, je l’espère, sera mieux définie et mieux adaptée dans le cadre de la nouvelle Loi. Jusqu’à ce jour le rôle de la CSSF se limite à « émettre un avis » qui de plus, n’est qu’un « avis non-contraignant ». Dans ces conditions, on comprend que les Banques qui pourraient avoir commis des fautes reprochables n’aient qu’un respect tout aussi limité envers cette autorité qui à leurs yeux n’en est pas vraiment une puisque dépourvue de pouvoirs! Quel dommage, mais c’est ainsi! Je souriais cet après-midi en lisant un des sous-titres de votre article: “CSSF: Juge ou Gendarme?”. Car justement, il y a quelques semaines je confiais à la personne chargée de mon dossier auprès da la CSSF, elle s’en souviendra, que pour moi: “la CSSF est comme un gendarme sans matraque”. Ce à quoi la personne chargée de mon dossier m’a répondu que ce commentaire ne plairait certainement pas a ses supérieurs… Je peux comprendre, mais c’est malheureusement une triste réalité dont le thème est justement repris par votre article. Dans le cas de mon dossier, duquel il est justement prévu que je transmette copie intégrale cette semaine au Rédacteur en Chef du Journal “le jeudi” avec lequel contact a été pris le mois dernier, je démontrerai combien la Banque se moque de la CSSF, autant que de moi comme client, mais pire encore, combien la Banque se moque d’un autre Ministère Publique de l’Etat dans lequel elle exerce. Des accusations graves, qui feront vraisemblablement scandale, et desquelles j’apporterai les preuves à votre journal ce mercredi, lors de ma rencontre prévue avec le Rédacteur en Chef. Une affaire qui intéressera à coup sûr vos lecteurs, qui interpellera certaines Autorités Publiques de Luxembourg, la CSSF bien sûr, sans oublier évidement la Banque elle-même qui se reconnaitra et qui aura beaucoup à perdre avec les révélations à venir. Affaire à suivre donc. Sauf si la Banque par miracle finirait par « entendre raison » et m’informerait in extremis qu’elle est finalement prête à assumer ses responsabilités et ses obligations. Merci pour la possibilité que votre journal m’offre de faire entendre ma voix. Dans mon affaire il est surprenant et ironique d’imaginer que votre journal pourrait jouer un rôle décisif et avoir une « autorité » que la CSSF elle-même n’a pas eue jusqu'à ce jour. Les Medias : le « 4ème pouvoir ». Merci.
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Benoit D. sur 26/04/2010 18:41:27
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Tres interessant votre article! Merci!
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Benoit D. sur 27/04/2010 09:26:46
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Félicitations pour votre article! Très intéressant et très vrai. Par expérience personnelle avec la CSSF je ne peux que confirmer qu'il serait souhaitable que la CSSF possède davantage de moyens pour gagner en Autorité face à des Banques peu scrupuleuses.
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AbigailWalton sur 02/07/2010 22:54:05
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