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Le Statec fixe le prix du vent

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Coup de tonnerre en plein été: le Statec conteste le bien-fondé des joutes sur l'indexation des salaires

L'indexation des salaires, le faux débat?

Et si, en fin de compte, modifier l'indexation automatique des salaires n'avait qu'une infime influence sur ceux-ci et sur la compétitivité? Le débat sur l'index, du vent?

Michel Petit

Non, il ne s'agit pas, dit-on en coulisse, d'une commande du gouvernement. Pas plus du monde patronal. Ni des milieux syndicaux. Mais tout simplement du directeur de l'institut de statistiques, Serge Allegrezza, qui cherche à donner à sa grande maison de verre une réelle indépendance. Le Statec fait jouer la transparence, l'objectivité qu'il rend accessible.

Toujours est-il que ses économistes ont mis le doigt sur ce qui fâche à tous les degrés du partenariat social: l'indexation des salaires. Les uns repoussent l'automatisme du mécanisme qu'ils disent nuisible à la compétitivité. Les autres y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux, comme l'un des symboles de l'acquis social, le garant d'un pouvoir d'achat trop souvent écorné.

Joutes survoltées

De sa toute fraîche étude, basée sur moult simulations des composantes de l'indexation, le Statec tire une conclusion dont on doute qu'elle va réellement calmer les esprits dans les mois qui viennent: les résultats de la simulation qui portent sur la période de 2003-2010 riche en épisodes de forte et faible inflation, montrent que les différences (...) sont assez faibles, que ce soit en termes de tranches payées, de décalage de la date de paiement ou de réduction du salaire par rapport à la situation réglementaire en vigueur. Ces résultats devraient être de nature à calmer les joutes survoltées qui enflamment le monde politique et professionnel.

En janvier dernier, une publication de la Banque centrale ne disait d'ailleurs rien de vraiment différent.

Le Statec a donc envisagé, au cours de cette période de référence, quantité de scénarios modifiant l'échelle mobile des salaires: panier de référence plus «light» (sans des produits comme le carburant, l'alcool...), neutralisation de certaines hausses, délai minimal entre deux tranches indiciaires, fixation, à la discrétion du gouvernement, des dates de paiement des tranches...

Une certitude: le salarié ne sort gagnant que très rarement. L'ensemble des simulations aboutissent à un léger tassement de ses rétributions, oscillant autour de 0,7% avec une perte plus sensible (1,8%) si le décalage de l'indexation des salaires était porté à 16 mois tout en ôtant du panier de référence le carburant, le tabac, l'alcool.

Au pire, selon les extrapolations du Statec, les salariés auraient perdu une tranche indiciaire sur l'espace 2003-2010.

D'où le commentaire du Statec: dans une grande majorité des cas, les effets par rapport à la situation actuelle restent limités. Les auteurs insistent sur le fait que les simulations du mécanisme d'indexation ne permettent pas d'inférer directement l'impact sur l'inflation. D'autant moins d'ailleurs que le lien prix-salaire ne peut s'appréhender que dans un contexte macro-économique.

L'étude, glisse le Statec, doit permettre d'objectiver le débat assez enflammé qui entoure les discussions autour d'une possible réforme du système d'indexation des salaires. À tout le moins une contribution à la future négociation tripartite. Après l'échec de la précédente. 

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