La Grèce aime l'euro
Les Grecs l'ont fait!
Promis à une éjection sans gloire de l'euro, ils ont su déjouer les pronostics les plus négatifs à leur encontre – et dieu sait qu'il y avait un consensus des analystes sur le sujet – et préserver leur place au sein de l'élite. Le tout à force d'abnégation et de sacrifices et sans jamais rechigner à l'effort. Pas fainéants pour une drachme en fait. Et ce dans le plus parfait bon esprit: ni tricherie, ni roublardise de mauvais aloi ou quelconque dissimulation vis-à-vis des autorités fiscales...
Oups, pardon, sportives...
Car bien évidemment, on parle football ici. De quoi d'ailleurs pourrait-on parler d'autre? Face à un événement d'une telle intensité, les élections qui se tenaient en Grèce deux jours après le fameux match Russie-Grèce, n'étaient plus que marginales, anecdotiques même.
Et la victoire du oui à l'euro – la monnaie cette fois – ne faisait plus aucun doute. Comme n'ont pas manqué de ne pas le souligner les chroniqueurs politiques dont l'imagination n'est pas forcément la qualité première.
Rien de tel en effet qu'une belle victoire sportive pour redonner de l'optimisme et du cœur au ventre à un peuple.
Les exemples sont légion – la France en 1998 par exemple – et les études ne manquent pas sur la question de savoir à combien de points de PIB en plus équivaut une victoire en Coupe du monde ou une médaille olympique.
Ironie suprême, la Grèce affrontera, pour son prochain match dans la compétition, l'Allemagne. Une rencontre qui dépasse désormais, du moins en Grèce, le cadre sportif. Et que la presse et les supporters ont déjà surnommé le «derby de la dette».
Le climat houleux existant entre les deux nations – la première puissance économique de la zone euro à laquelle le pays le plus à la traîne attribue son actuelle cure d'austérité – risque fort de se retrouver en tribune...
Mais pour un pays qui fait face à sa plus grande crise économique et sociale, la perspective de bouter les Allemands hors de l'euro est vécue comme une bouée de sauvetage, une bouffée d'oxygène. C'est l'occasion de prendre une revanche sur «les partenaires».
Amalgame, exagération? Certes... Mais si cela peut aider les Grecs à aller de l'avant, alors, pourquoi renâcler?
On pourrait même imaginer vite refaire un Euro, sans attendre quatre ans, pour les Espagnols et les Italiens... On ne sait jamais...
Marc Fassone


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