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Carte postale

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La ville s'ébroue entre les reliefs d'une nuit qui s'est à peine couchée et les pavés forcément chauds d'un matin déjà ivre de soleil.


 
L'Avignon de juillet ne sent ni la lavande ni le thym. C'est une cité prise en otage. Eblouissante mais chaotique. Névrotique.
 
Derrières les remparts usés jusqu'à la corde – fût-ce par les croisades des mots –, les rues suent. Rien de magique. Beaucoup de visages fatigués – revenus de tout – ou crispés: l'Avignon du festival, c'est un furieux mode d'emploi qui échappe aux curieux d'un jour en même temps qu'il les exténue (l'immanquable surchauffe des pieds expliquant celle des esprits).
 
Avignon se donne en spectacle. Pour le meilleur et pour le pire.
 
J'ai trouvé un refuge. Au bout d'une route jaunie par les tournesols, semés en pagaille dans des champs immenses (halte prisée par les touristes japonais qui y prennent un bain en s'y photographiant). Pas âme qui vive dans le hameau. Qui serait capitale de la cigale! Mauvaise réputation…


Marie-Anne Lorge

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