Eternelle Marilyn…
«My week with Marilyn» de Simon Curtis. Dans «My week with Marilyn», Simon Curtis tente de cerner l'icône de Hollywood en racontant un épisode méconnu de sa vie. Agréable et touchant!
Simon Curtis, qui signe avec My week with Marilyn son premier long métrage, aurait pu opter pour un biopic classique. Au lieu de cela, le cinéaste a choisi de porter un regard plus intime sur la star hollywoodienne en racontant le lien aussi bref que puissant qui s'est noué au début de l'été 1956 entre Marilyn Monroe et Colin Clark, jeune assistant sur le tournage du film Le prince et la danseuse. Cette comédie à l'eau de rose, réalisée et interprétée par Laurence Olivier, a été un échec cuisant, même si l'actrice a été saluée par la critique, en particulier en Europe où elle a remporté plusieurs prix.
My week with Marilyn est inspiré du récit personnel de Colin Clark dans lequel il relate la semaine magique qu'il a passée avec la plus grande star de cinéma du monde. Le film débute juste avant l'arrivée de Marilyn Monroe en Angleterre, alors qu'elle vient d'épouser le dramaturge Arthur Miller. Accueillie par Laurence Olivier (Kenneth Branagh autoritaire et égocentrique) et Vivien Leigh (Julia Ormond en épouse jalouse) devant une horde de journalistes, elle est telle qu'on l'imagine, lumineuse, troublante et envoûtante. Bientôt se révèlent ses failles, sa fragilité.
Michelle Williams, qui a obtenu le Golden Globe 2012 de la «meilleure actrice dans une comédie» a assimilé à la perfection toutes les facettes de son personnage et réussit à rendre perceptible sa complexité jusque dans ses mimiques et sa gestuelle. Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser qu'il lui manque quelque chose d'indescriptible, une certaine légèreté et peut être le mythique «sex appeal» de Marilyn.
Marilyn manipulatrice
Evidemment, en se focalisant sur la «petite histoire» – la romance relatée dans la seconde partie du film est sans grand intérêt – il est difficile de dresser un portrait complet de Marilyn.
Le film ne s'attarde pas sur les zones d'ombre ou les controverses survenues dans la vie de la star, même s'il est clairement fait allusion à ses problèmes d'addiction à l'alcool et aux médicaments, ainsi qu'à son manque d'assurance en tant qu'actrice. Sur le plateau, elle arrive continuellement en retard, oublie ses textes et s'enferme avec Paula Strasberg, sa conseillère personnelle dont elle est pathologiquement dépendante. La chronique du travail quotidien entre Marilyn et sa coach fait partie des meilleurs moments du film. Les deux femmes exaspéraient tout le monde et les relations avec Laurence Olivier devenaient de plus en plus houleuses, mais une fois le film terminé, Marilyn irradiait l'écran. Même si la mise en scène est assez convenue avec quelques longueurs, le charme opère. La force du film est de nous faire rentrer dans l'intimité de l'actrice sur un tournage, de nous faire entrevoir ses failles et ses contradictions.
On prend un réel plaisir à assister aux coulisses d'un tournage sous haute tension et à découvrir une Marilyn manipulatrice.
Anne-Laure Letellier


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