Editorial: Coups de semonce
La torpeur estivale qui gagne le pays depuis que les écoliers et les lycéens sont envacances, ne calme pas les esprits des acteurs de la tripartite.
Jacques Hillion
Bien au contraire, de petites phrases en lettre ouverte, le ton continue de monter avecnotamment les propos tenus par le Premier ministre qui impute l'échec de la tripartite aux syndicats et fait valoir que, en tout état de cause, si l'échec des discussions tripartites prévues pour cet automne doit de nouveau être constaté, il appartiendra au politique de prendre les décisions qui s'imposent. Le bras de fer continue donc.
S'il laisse présager un automne mouvementé,
il marque surtout une différence de conception fondamentale sur le chemin à prendre pour sortir de la crise et assainir le déficit public. De la pente douce conseillée par les syndicats, à celle escarpée défendue par le gouvernement, CSV en tête, et le patronat, se pose en toile de fond la question de la responsabilité de la crise, de la dérégulation des
systèmes bancaires par les États, de la politique néolibérale dominante.
Quoi qu'il en soit, à laisser planer le doute sur l'origine de la crise, en en rejetant la faute sur l'économie mondiale, c'est aussi prendre le
risque de montrer que finalement les États
démissionnent face à leurs responsabilités et par conséquent que le sentiment d'injustice domine face aux mesures prises.
Les premières mesures adoptées par la Chambre des députés (allocations familiales, boni pour enfant de plus de 18 ans, système des bourses d'études) ou encore celles annoncées comme le report à 65 ans du forfait éducation montrent que ce sont les salariés et
notamment les bas et moyens revenus ainsi que les frontaliers qui paient l'addition.
Pour l'OGB-L, ces mesures sont non seulement discriminatoires mais elles portent également atteinte à la paix sociale. Et le syndicat entend user de tous les moyens légaux à disposition pour que ces mesures soient rediscutées,
propositions à l'appui.
La bataille autour des chiffres et de l'analyse de la situation semble tourner au dialogue de sourds. Chacun campe sur ses positions et
l'indexation des salaires, érigée en symbole par les syndicats, et le patronat qui l'a dans
le collimateur depuis toujours, sert d'exutoire. C'est pourquoi l'OGB-L demande que les discussions de la prochaine tripartite ne tournent pas autour de l'index. Une manière de montrer que le dialogue doit se poursuivre sur des bases différentes et plus raisonnables pour tout le monde. Car comme l'a fait remarquer Lucien Lux après avoir été attaqué par Juncker, si
effectivement le CSV a deux fois plus de
députés que le LSAP, il n'en a pas assez pour gouverner seul. La nécessité de trouver un compromis est dès lors primordiale.
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