Editorial: Les incendies couvent
L'invitation mystérieuse car sans ordre du jour du Premier ministre avait suscité la perplexité. Finalement, il n'y aura pas eu de grande annonce. Jean-Claude Juncker a tiré le bilan du travail gouvernemental, précisé que le gouvernement était solide et que le programme d'austérité visant à rétablir l'équilibre du budget sera mis en place.
Jacques Hillion
La mise en garde s'adresse aux partenaires sociaux à qui il appartient de mettre de l'eau dans leur vin. Sans quoi il n'y aura pas d'accord, voire même pas de tripartite mais les mesures économiques seront bel et bien appliquées. Le désaccord sur l'analyse de la situation économique demeure. Les mesures prises et annoncées se basent sur des prévisions plus pessimistes que la réalité.
De leur côté, les syndicats ne désarment pas et c'est un front uni qui appelle à manifester le 16 septembre pour défendre les frontaliers victimes de l'austérité.
En tout état de cause le «stress test» pour le modèle social luxembourgeois aura lieu à la rentrée. Au Luxembourg, ce n'est pas l'été qui sera chaud mais l'automne.
Ce n'est pas le cas pour la Russie dont la partie occidentale croule sous la canicule. Plaie de l'été, les feux de forêt embrasent des centaines de milliers d'hectares, détruisent des villages et ont fait une bonne trentaine de victimes. Les autorités russes sont prises à partie pour leur inefficacité à prévenir et à lutter contre les incendies. Que Vladimir Poutine ait promis d'installer des caméras sur tous les chantiers pour surveiller la reconstruction des villages détruits ne palliera pas les carences des services de secours. Des carences attribuées à la réforme du code forestier par Poutine qui a supprimé quelque 70.000 gardes forestiers.
Ironie de l'histoire, c'est un arbre qui a de nouveau mis le feu aux poudres au Moyen-Orient. L'échange de tirs entre les armées israélienne et libanaise sera-t-il l'étincelle qui embrasera la région? L'imbrication des enjeux régionaux impliquant notamment la Syrie et l'Iran font craindre le pire surtout après l'attentat de mercredi contre le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui avait deux jours avant annoncé être la cible d'un complot israélien.
En France le président Sarkozy ne cesse d'allumer des contre-incendies pour tenter d'étouffer l'échec de sa politique sécuritaire mais surtout pour détourner l'attention de son ministre du Travail, Éric Woerth, qui doit mener à bien une réforme des pensions peu appréciée. Celui qui cumulait il y a à peine une semaine encore les fonctions de ministre et de trésorier de l'UMP, le parti présidentiel, reste englué dans l'affaire Bettencourt et est aujourd'hui rattrapé par une nouvelle affaire: il serait intervenu en tant que ministre du Budget pour alléger le redressement fiscal de la succession du sculpteur César. Voilà qui met en cause la parole du ministre qui nie toute intervention ou régime de faveur.
Il n'y a pas à dire, l'été est chaud et la trêve estivale n'empêche pas les incendies de couver ici ou là.
Une guerre est une guerre
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