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Editorial: Objet d'étude

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Comment voyez-vous vos voisins? Soutenez-vous vos parents financièrement? Quelles langues parlez-vous à la maison,au travail, entre amis? Êtes-vous satisfaitsde votre vie? À quel âge avez-vous eu vosenfants? La relative pause estivale en matière d’actualité laisse le champ (et les pages de journaux) libre aux études en tout genre.

Laurence Harf

Au fil des jours et des semaines se dessine une image de la société luxembourgeoise. On la dit heureuse, aisée. Mais en creux se devine aussi un pays où l’égalité des chances reste un vœu pieux pour la majeure partie des étrangers.À l’occasion des 30 ans de l’Asti, en marsdernier, même le Premier ministre avait avoué «un échec partiel de l’intégration».

Les communautés cohabitent plus ou moins bien et se mélangent peu. Les amis, les maris, voire les employeurs sont choisis parmi un cercle de même nationalité, langue ou culture. Plus de 90% des Luxembourgeois ont un conjoint luxembourgeois, idem pour lesPortugais. Le «multi-culti» s’affiche volontiers les jours de fête mais se vit beaucoup moins au quotidien.

Difficile, dans ces conditions, de cerner «une société» luxembourgeoise. Comment impliquer à la fois la «transnational upper-class», élite qui gravite autour de la place financière ou des institutions européennes, l’immigration économique en provenance du Portugal ou d’ex-Yougoslavie et les Luxembourgeois «de sixième génération»? Sans occulter tous ces binationaux, de naissance ou de choix, un pied ici et un autre dans leur culture d’origine,celle d’un de leur parents ou de leur pays de naissance.

Il y a sans doute autant de visions de cettesociété que de gens qui la composent.

Les historiens ont longtemps relevé le manque de mémoire collective chez les Luxembourgeois. Ce qu’il faudrait aujourd’hui, c’est unevision d’avenir collective.

Qui rendrait justice à un pays à la foisinternational et campé sur ses racines rurales, apparemment accueillant mais jaloux de ses privilèges nationaux, langue et fonctionpublique en tête. Une vision qui n’oublierait pas que le Luxembourg est le pays qui compte le plus grand nombre de travailleurs frontaliers dans l’UE. (Sur le continent européen, seule la Suisse fait mieux.)

Aussi difficile que cela puisse paraître. Aussi improbable au vu de la politique de rigueur entamée, qui n'hésite pas à piocher dans lapoche des navetteurs. Comment voyez-vous vos voisins?

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