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Dans la fourmilière

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Il manque un bon directeur des ressources humaines dans le paysage politique luxembourgeois. Il semble que le secteur n’attire plus la main-d’œuvre qualifiée.

Le mot est choquant quand on parle d’élus du peuple. Mais comment sinon expliquer l’attitude de ces hommes censés être au service de la démocratie.

Le problème semblait d’abord réservé au CSV et le phénomène a commencé par la démission de Jean-Louis Schiltz de la présidence du groupe parlementaire, en février. Officiellement pour reprendre sa carrière professionnelle. Deux décès – Mill Majerus et Lucien Thiel – ont ensuite compliqué la réorganisation de la fraction et secoué le panier de crabes.

Mais voici que le LSAP est touché lui aussi. Là, c’est carrément un ministre qui quitte le navire gouvernemental. Officiellement: parce qu’à 62 ans, il y a autre chose à faire dans la vie. A la veille d’un débat qui s’annonce serré sur la réforme du système de pension et qui débouchera sur l’allongement de la période de cotisation, on appréciera le clin d’œil.

La succession sera décidée le 28 novembre, en même temps que le candidat au Conseil d’Etat. Dan Kersch, bourgmestre de Mondercange et président du Syvicol, se dit intéressé.

Le DP est également touché par les problèmes de personnel. Moins par des démissions que par des tours de passe-passe d’un goût douteux. Le parti, qui se dit prêt à légiférer contre les doubles casquettes, n’hésite pas à affubler son président, Claude Meisch, déjà bourgmestre de la troisième ville du pays, de la présidence du groupe parlementaire qu’il récupère de son collègue Xavier Bettel, lui même nouveau bourgmestre de la capitale et déjà candidat à la présidence du parti en 2013. De quoi perdre la tête et se croire en Russie, sans bien savoir qui des deux est Poutine et qui est Medvedev.

La situation est d’autant plus remarquable que le parti libéral, plus que n’importe quel autre, repose sur ses «personnalités». Helminger, Flesch, Brasseur en partance, Polfer, Goerens en deuxième ligne, qui reste-t-il? Le renouveau amorcé après la défaite électorale de 2004 n’a servi qu’à lâcher la bride à l’ambition de Claude Meisch et à pousser Xavier Bettel sur le devant de la scène. Un peu malgré lui, comme il essaie de le faire croire. A moins qu’il n’ait fait sienne la tactique - payante - du vice-Premier ministre socialiste à savoir qu’il y a des avantages à être sous-estimé.

Il n’y a donc personne pour renouveler la caste politique?

Personne en tout cas pour sauver Robert Weber qui a dû goûter sa descente aux enfers. Perdre les élections communales, la présidence du LCGB puis de ProActif en un gros mois en pleine tripartite relève presque de l’exploit.

L’orange – du CSV, d’un opérateur de téléphonie ou d’une radio pour jeunes – est volage, apprend-on à l’excellente exposition sur les couleurs présentée au Natur Musée.

Le Vert, en politique, serait plutôt opportuniste et prêt à dépanner. Au moins d’un Conseiller d’Etat, histoire de rééquilibrer les forces en présence.

Tout cela donne envie d’un grand coup de pied dans la fourmilière. Sans attendre le retour de Jean-Claude Juncker bientôt délesté de l’Eurogroupe.

Que représente la notion de service public, de mandat du peuple pour ces hommes de pouvoir? La tendance européenne, de toute façon est aux technocrates. La Grèce et l’Italie ont montré la voie. Qui ici, pourrait être favorable à Etienne Schneider, non élu, bras droit de Krecké au ministère de l’Economie et avant cela au groupe parlementaire où il était secrétaire et Krecké président.

Où sont les femmes, les jeunes, les étrangers? Où sont les forces vives de la nation?

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