Non, l’austérité n’est pas la solution
Nos hommes (et femmes) politiques ne savent plus où donner de la tête. Ils ont perdu le nord. Ils ne visent plus que le très court terme. Ce n’est pas pour cela que nous les avons élus. Nous avons besoin de visionnaires.
De ceux qui savent construire l’avenir et pas seulement le présent le plus immédiat. Or, c’est ce qu’ils font, nos hommes politiques, partout en Europe, et aussi chez nous. Ils ne pensent qu’à l’immédiat. Et l’immédiat réclame de l’austérité.
Cela paraît logique, mais ne l’est pas. Les Etats, nous dit-on, et c’est vrai, sont endettés jusqu’au cou. Ce n’est pas nouveau. Mais aujourd’hui, nous dit-on, il ne faut plus s’en satisfaire parce que les marchés sont nerveux. En fait, ils espèrent faire un maximum d’argent sur le dos des Etats. Or, comme tout va mal, l’endettement public rend l’un ou l’autre de ces Etats insolvables. Les créanciers rechignent donc à accorder leurs prêts. Ils exigent des intérêts de plus en plus hauts. Voilà la spirale qui, dans l’immédiat, s’est emparée des choses.
Et que font nos dirigeants politiques pour juguler leur endettement? Ils ne jurent que par l’austérité. Ce qui, traduit en langage populaire, signifie faire payer aux gens une crise dont ils ne sont nullement responsables. Cela pourrait passer si cela avait un sens quelconque. Si cela construisait un avenir meilleur. Mais miser sur l’austérité hypothèque l’avenir, le rend plus sombre qu’il ne l’est et peut mener à la catastrophe.
La spirale de la récession
Le calcul est vite fait. Austérité signifie répartir moins d’argent entre les gens. Et des gens qui ont moins d’argent achètent moins de choses. Ce qui met en branle une autre spirale. Moins on consomme, moins les entreprises produisent. Avec à la clé l’explosion du nombre des licenciements et donc moins d’argent encore dans les poches des gens. L’austérité est, aujourd’hui, le meilleur moyen d’accentuer la récession qui sévit déjà.
Mais où ira-t-il, cet argent qui est ainsi retiré des porte-monnaie des citoyens? Dans les caisses de l’Etat, afin que celui-ci puisse juguler la dette? Ce n’est pas sûr. Car moins de production signifie aussi moins d’entreprises qui paient des impôts. Et plus de chômage aspire plus de deniers publics des caisses de l’Etat.
Voilà le leurre. Les dirigeants politiques misent sur la rigueur pour appeler des jours meilleurs. A la spirale de l’endettement ils ajoutent ainsi celle de la récession dont personne n’est à même de voir le moindre bout de tunnel.
Certes, il faut faire des économies. Mais à condition que ceux qui profitent de la crise soient en première ligne quand il s’agit de faire des efforts.
Le patronat luxembourgeois a engagé aujourd’hui une grande bataille contre l’ensemble du salariat. Elle porte sur les salaires, les conditions et la durée du travail, les retraites, la Sécurité sociale, bref sur tout ce qui a été acquis dans d’âpres luttes au fil des générations.
Que devraient faire les dirigeants politiques face à cela? Protéger ceux qui les ont élus à leurs postes. S’en prendre à ceux qui ont provoqué la crise et qui ne se trouvent certainement pas dans les rangs du salariat. Au lieu de cela, ils entonnent le chant de l’austérité et tremblent devant les verdicts des marchés et des agences de notation.
Ce ne sont pas de tels dirigeants politiques dont nous avons besoin. Car non seulement ils prennent en otage notre avenir, mais ils font également le lit d’autres hommes (et femmes) politiques qui ont moins de scrupules qu’eux et qui, avec des formules populistes, convainquent de plus en plus de monde qu’il faut un Etat fort désormais, dirigé par des forces d’extrême droite qui, elles, sauront faire régner leur ordre.
Danièle Fonck
Et les Grecs?
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