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Elections

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2012 sera l’année de deux élections majeures, l’une parce qu’elle concerne la première puissance mondiale, les Etats-Unis, la seconde parce qu’elle intéresse un pays voisin et acteur majeur au sein de l’Union européenne, la France.


Normal donc que les sondages fleurissent comme des roses de Noël. Logique également qu’on les analyse sous un angle critique.
Prenons la plus récente des «études d’opinion» françaises. Elle place François Hollande premier avec 28% et Nicolas Sarkozy deuxième avec 26%. Un rapprochement, donc, entre les deux hommes, qui comble la droite.
Mais à qui appartiennent les instituts de sondage dans l’Hexagone? Regardons de plus près: BVA a un actionnaire majoritaire, Vincent Bolloré, l’ami propriétaire du yacht qui avait emmené Nicolas et Cécilia à Malte; CSA égale Bolloré, à 100%; TNS Sofres est aux mains du copain libéral, Martin Sorrell; Ipsos, ce sont les proches Didier Truchot et Jean-Marc Lech; l’Ifop est la propriété de Laurence Parisot, la patronne du Medef; enfin Opinion Way, auquel l’Elysée recourt pour ses sondages privés, appartient à Hugues Cazenave, ex-UMP et Occident, cette mouvance d’extrême droite qui vit jadis éclore les jeunes Longuet et Madelin.
Alors, faisons nôtre la devise d’un internaute qui rappelle, tout en précisant que les journalistes omettent trop souvent de creuser l’information, que «les sondages sont une affaire de sondeurs et les élections une affaire d’électeurs».
Il est clair que Sarkozy est un bien meilleur candidat que président, alors que, dans le cas Hollande, l’inverse serait probablement vrai. Encore que...
Aucun scrutin n’est joué avant le soir du second tour et ce serait une erreur de sous-estimer l’impact de la campagne sur le terrain. Il est fort probable que l’influence des médias nationaux sera plus faible qu’à l’habitude, car ces proches du pouvoir et habitués des cénacles parisiens ignorent les sentiments qui animent l’électorat populaire qui souffre et le malaise des classes moyennes qui, pour beaucoup, ne supportent tout simplement plus Nicolas Sarkozy. Ceux-là ne changeront sûrement pas d’avis en voyant le président-candidat jouer les admirateurs de Jeanne d’Arc avec l’inénarrable Nadine Morano poussant la chansonnette à ses côtés. Image qui interpelle quand on sait que le locataire de l’Elysée encourage ses amis à qualifier partout Hollande d’«imposteur». On se demande où est l’imposture...
Au fait! Parlons d’imposture, justement: l’UE va mal, la crise économique pénalise les populations, l’austérité revient au pas de charge. A qui la faute? Aux gouvernements de gauche? A l’exception de Zapatero jusqu’il y a peu (Papandréou n’a eu que le temps de gérer l’héritage, Di Rupo ne fait qu’arriver, à l’instar de sa collègue danoise), il n’y eut que des gouvernements de droite en Europe, de la France à l’Allemagne en passant par la Hongrie, que nul ne songe à mettre au ban alors qu’en d’autres temps l’Autriche fut publiquement blâmée pour bien moins. Cela dit en passant.
Les problèmes économiques engendreraient-ils donc, systématiquement, une poussée vers la droite dure? En Europe, aux Etats-Unis? La question se pose.
Attendons néanmoins les prochains mois pour voir, sachant déjà qu’il n’y aura pas que du beau et de l’intelligent. On le sait en écoutant les Copé-Morano-Kosciusko-Morizet et autres francs-tireurs mandatés. 

Daniele Fonck

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