Home | Editoriaux | Magique, touchant, grave

Magique, touchant, grave

Taille de la police: Decrease font Enlarge font

Quelle différence entre l'investiture du président Hollande et celle de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy!


Il y a cinq ans, on se croyait à la cérémonie des Oscars entre la famille «recomposée» qui marchait sur le tapis rouge dans la cour de l'Elysée, la larme factice de Cécilia et le petit Louis qui se faisait expliquer le cordon de grand maître de la Légion d'honneur.
Ce 15 mai 2012, l'heure fut tout à la fois à la sobriété, à la joie retenue et au sérieux, le nouveau maître des lieux mesurant parfaitement la charge de la fonction, l'honneur qui consiste à présider à la destinée de la France et la gravité de la situation.
Et, au fil des heures et des cérémonies officielles, chacun pouvait découvrir François Hollande, un chef d'Etat qui ne correspond en rien à ce qu'ont voulu en dire ses «amis» et ses adversaires politiques.
En un seul jour, le président a su faire trois discours à la tonalité différente, mais pesant chacun d'un vrai poids politique.
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le général de Gaulle fut cité à deux reprises, comme pour mieux illustrer à quel point la France a besoin de trouver de la hauteur, de retrouver sa fierté de grande nation et de renouer avec les valeurs éternelles qui furent toujours siennes au long des siècles et des régimes.
La jeunesse et la justice, les deux termes au sens large, sont les maîtres mots du président. Ils seront sa préoccupation première, à l'instar de ce souffle nouveau dont l'Europe a tant et tant besoin.
Le choix des invités fut intéressant: les représentants des corps institutionnels, bien sûr, les Premiers ministres socialistes, bien sûr, mais aussi le monde de la recherche, de la science et des arts.
Un choix accentué par la visite à l'Institut Curie pour rendre hommage à une belle femme, savante, généreuse, immigrée et à laquelle la France doit beaucoup. Quelle meilleure image pour parler du rassemblement, d'une communauté nationale dans laquelle toutes et tous auront leur place, peu importe «leurs différences d'âge, d'origine, de race, de croyance, de milieu social».
Oui, la laïcité demeure une valeur première pour les honnêtes gens; oui, l'école de la République, publique et gratuite, doit tirer chaque enfant vers le haut, oui, chaque citoyen a sa place dans la République, de l'Hexagone à l'Outre-mer, avec les mêmes droits et– aussi – des devoirs qui ne seront pas négociables.
Voir Chérèque et Parisot applaudissant quasiment côte à côte le chef d'Etat investi, quelle promesse d'avenir!
Quitte à ce qu'elle ne dure pas. Au moins, le temps d'une journée pluvieuse, pouvait-on rêver à une France réconciliée dans laquelle le dialogue n'aurait qu'un but: grandir et renforcer la nation et le pays.
Enfin, que d'émotions à l'Hôtel de Ville de Paris avec un discours en guise de déclaration d'amour à la Ville Lumière, «Paris qui appartient au monde», Paris rayonnant, Paris Métropole de demain, Paris «qui restera toujours Paris».
L'investiture du président français ne ressemble à nulle autre. Peut-être un tout petit peu à celle du président américain.
Non, la France n'est pas un pays comme un autre. Peut-être est-ce pourquoi elle est si chère à nos cœurs...

Daniele Fonck

Ajouter à: Facebook | Twitter | Add to your del.icio.us | Digg this story

Subscribe to comments feed Commentaires (0 posté):

total: | Affiché:

Postez votre commentaire comment

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:......

  • email Envoyer par email à un ami
  • print Version imprimable
  • Plain text Texte complet
Estimez cet article
0