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Nouvelle crise?

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L'Europe se trouve-t-elle face à une nouvelle crise bancaire?


En tous les cas, le SOS lancé mardi par le chef du gouvernement espagnol pour que ses partenaires européens l'aident à renflouer son système bancaire, a ravivé les craintes et souligné les limites actuelles de la gouvernance de la zone euro.
Si la Grèce, qui ne représente que 3% du produit intérieur brut européen, a fait trembler la zone euro sur ses bases, cette fois, c'est la quatrième puissance économique européenne (12% du PIB de la zone euro) qui est concernée.
D'où le vent de panique face à ce qui pourrait bien être une nouvelle crise bancaire.
La bulle immobilière qui a éclaté il y a trois ans a surtout laissé un système bancaire plombé par des prêts immobiliers irrécouvrables. Entre 60 et 200 milliards d'euros seraient nécessaires pour le renflouer.
Or, et le scénario est maintenant bien connu, la dette bancaire tend à se transformer en dette publique.
Sauf que, dans ce cas précis et malgré la cure d'austérité imposée aux Espagnols, l'Etat ne peut pas intervenir en faveur des banques, la nationalisation de Bankia, le 10 mai, ayant fortement limité ses capacités financières.
D'où l'appel au secours.
Si Madrid peut se rassurer d'avoir été entendu par ses partenaires, les réponses restent vagues et sont attendues pour le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin.
La Commission européenne, la Banque centrale et une majorité de pays réclament ainsi une union bancaire pour sortir de cette impasse espagnole. Union qui permettrait notamment de voler au secours des banques grâce à un fonds qu'elles alimenteraient elles-mêmes afin de ne pas avoir recours à l'argent du contribuable.
Seule pierre d'achoppement, Berlin, qui verrait bien cette union bancaire sur pied mais seulement quand l'union budgétaire sera réalisée.
Il est étonnant que les gouvernements de la zone euro soient pris au dépourvu face à la situation espagnole. La crise est installée depuis suffisamment longtemps pour qu'il soit mis fin à cette politique des petits pas.
L'Europe se doit d'être plus réactive en montrant une plus grande solidarité plutôt que de rebondir de sommets en réunions de la dernière chance. Elle doit aller vers un approfondissement de l'union monétaire et notamment vers la mutualisation totale ou partielle des dettes publiques nationales.
En d'autres termes, il est nécessaire qu'elle se dirige vers le fédéralisme, en appuyant l'union monétaire par une union politique afin d'assurer la stabilité de la monnaie unique et favoriser la croissance. Car la crise n'est pas finie. Le sort de la Grèce est suspendu aux résultats des législatives du 17 juin.
Mais c'est aussi le gouvernement chypriote qui vient d'annoncer qu'il avait besoin de 2 à 3 milliards pour assurer l'avenir de son système bancaire.
Alors, plutôt que de procéder par à-coups, force est de constater qu'à moins de tomber dans une forme ou l'autre de radicalisme la zone euro n'a guère d'autre option à défendre que celle d'aller toujours vers plus d'intégration.
Il y va de son avenir. 

Jacques Hillion

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