Choquant
Ils «twittent», ils ont des «amis» sur Facebook, ils étalent leurs états d'âme et dévoilent leur intimité.
Et puis, le jour où ils seront malades, ils seront seuls face aux difficultés et à la souffrance, le monde virtuel s'étant vaporisé.
De quelles frustrations souffrent donc ces frénétiques, victimes d'une nouvelle drogue douce qui les contraint à surfer constamment sur le web? Une Valérie Trierweiler (nom du second époux), par exemple, qui croit se faire valoir en «twittant»?
Qu'une adolescente pique des crises de jalousie, quoi de plus normal? Qu'une jeune mariée trompée fasse une scène, quoi de plus compréhensible?
Encore que!
Mais qu'une femme de 48 ans, deux fois mariée, mère de trois fils, devenue compagne d'un homme politique élu président de la République française, une femme mature donc, intelligente a priori, se permette de faire ce qu'a fait Mme Trierweiler, voilà qui tient à la fois de l'indécence et de l'inélégance, sans parler d'un manque d'éducation absolu. N'a pas de la classe qui veut. Cela dit, à presque 50 ans, quand on a choisi de partager la vie d'un chef d'Etat, on sait à quoi on s'engage et à quelles contraintes on s'expose.
On ne peut dès lors pas vouloir franchir fièrement le tapis rouge menant à l'Elysée, devant les caméras du monde entier, quelque temps après se faire recevoir en «première dame» par le couple présidentiel américain, pour ensuite se comporter comme une vulgaire personne.
Certes, la Constitution française ne prévoit aucun statut de «première dame». Reste que, lorsque l'on désire accompagner un homme président, on doit assumer un rôle. Rôle difficile peut-être, simple aussi. Discrétion, stricte séparation entre vie privée et vie professionnelle en sont les maîtres mots. Comme la capacité de masquer ses sentiments et ses ressentiments. Pourquoi d'ailleurs Mme Trierweiler (dont on ignore pourquoi elle ne porte pas le nom de son premier mari et encore moins le sien propre) joue-t-elle les jalouses?
La jalousie serait à la limite le privilège de Ségolène Royal, encore qu'elle ne sied ni à l'une ni à l'autre, un homme n'étant pas un objet que l'on se disputerait…
Décidément, Ségolène aura tout vu et tout eu à subir. Elle croyait en son compagnon de vie et au père de ses quatre enfants: désillusion. Il la trompait avec une journaliste moyennement célèbre. Elle rêvait d'être la première présidente de la République: elle arriva seconde, son parti ayant tout fait pour la faire battre. Ségolène décida de reprendre en main son parti: on lui vola le scrutin. Le député de La Rochelle l'invite à lui succéder: l'adjoint frustré de ce premier la déclare «parachutée» et entre en dissidence, de connivence avec l'UMP.
Dire que, à l'heure de la citoyenneté européenne, quelqu'un puisse être déclaré «parachuté». Génial, non? La plupart des hommes et femmes politiques le sont, de toute façon. Parce qu'elle fut candidate à la présidentielle, elle n'aurait plus le droit de faire de la politique (cf. Le Monde du 11/6/12)? Et Chirac, Mitterrand et autres n'y sont-ils pas retournés à trois reprises?
Solidarité féminine que ces propos? Pourquoi pas?
Il arrive, quelquefois, qu'une femme soutienne une autre femme…
Aujourd'hui, la droite rigole, grassement. Elle a oublié, déjà, que Cécilia avait quitté à trois reprises Nicolas Sarkozy et qu'avant son ultime retour celui-ci «cohabitait» avec Anne Fulda, journaliste au Figaro. Ce fut avant l'ex-mannequin Carla Bruni.
Tout au long de la campagne électorale, Mme Royal s'est montrée une grande dame. Elle n'est pas, à présent, «le soldat Royal» (fausse allusion au soldat Ryan) à sauver. Ce propos infamant du dissident socialiste et de toute l'UMP dit ce qu'il veut bien dire. A savoir que la politique vole de plus en plus bas, qu'elle est plus vide que jamais, au point que cela en devient insupportable.
Daniele Fonck


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