Diekirch: l'avenir par le commerce
Brin de nostalgie, rayon lingerie:" En période de crise, on achète moins ce qui ne se voit pas"
Ils parlent beaucoup de commerce. Bien moins d'emploi. Sauf quand ils espèrent que le jeune Luxembourgeois va reprendre la place des frontaliers. michel petit
Grand-Rue... Jos prend le frais, sous l'auvent. Il est mi-enseignant, mi-époux d'une commerçante de Diekirch. Qui fait dans la laine, dans la lingerie. Un bon coup, surtout depuis deux ans environ, après une longue période creuse. Les gens y reviennent, assure le mari, parce que l'on tricote soi-même, pour se faire plaisir. Et la lingerie aussi, c'est pour se faire plaisir, même si, crise aidant, on achète moins ce qui n'est pas visible.
La crise, à Diekirch, on en parle. Mais pas trop. Pourtant, des restaurateurs, oriental comme transalpin, proposent désormais leurs menus anti-crise. C'est 5 euros pour l'étudiant, 7,9 euros pour un menu composé du buffet «salades» et de la pasta du jour. La crise, vu sous cet angle, ça marche, à couper le souffle de Jos: Une longue file d'étudiants tous les midis.
Pour Jos et son épouse, Diekirch ne tire pas trop mal son épingle du jeu, même si la ville ne sait pas toujours quoi, eu égard à la valse des bourgmestres.
Pourtant, il s'agirait d'améliorer encore les parkings, les rues piétonnes. Jos et des commerçants imaginent couvrir la Grand-Rue, à l'instar de la Olivanden Hof, à Cologne. De quoi passer l'hiver à la terrasse. À accélérer aussi la construction de l'autoroute qui, pourtant, risque d'être à sens unique pour ceux qui travaillent à Luxembourg. Il faudrait mieux desservir les gares par des parkings.
Commandes Annulées
Jos nourrit des craintes pour les jeunes sortis de l'école. Les patrons préfèrent toujours engager un Français ou un Belge titulaire d'un bac plus 3 ou 4, surqualifiés, plutôt qu'un Luxembourgeois disposant du diplôme requis. En revanche, la guéguerre menée par le duo franco-allemand Sarkozy-Steinbrück contre le Luxembourg et sa place financière ouvrirait de nouvelles possibilités, tant la grogne monte au Luxembourg. Jos croit savoir que des artisans luxembourgeois ont annulé des commandes en Allemagne.
Janusz, retraité de Goodyear, estime au contraire que la crise ne se ressent pas beaucoup, sinon peut-être dans le secteur Horeca. Et le débat politique aurait pris de la hauteur dans le sens que les dirigeants tiennent des discours moins tranchés, moins catégoriques que naguère. Sur les antennes, tous les candidats admettent qu'il est impossible d'énoncer la recette miracle pour sortir le pays de sa situation délicate.
Localement, pense-t-il, c'est au niveau de l'Union des commerçants que le bât blesse. Sévère.
Les commerçants n'ont pas vraiment la mentalité de... commerçants. Il est impossible de développer l'idée d'une ouverture dominicale ou encore de participer aux animations.
L'idée de couvrir la rue piétonne lui semble pourtant saugrenue: Il n'y a déjà personne quand il fait bon. En revanche, sur le plan culturel, sa ville se défend. Mais ici, on demande généralement peu au gouvernement. Janusz soutient le projet de la Nordstadt, priant pour que chaque commune ne tente pas de tirer à elle la couverture. Pour sa part, il voit une possibilité de développement à Wiltz.
Jessica exploite un bistro depuis quatre ans. Du haut de ses 24 ans, elle estime que les jeunes sont un peu délaissés. Ce n'est décidément pas une ville pour les jeunes, alors que Diekirch dispose de plusieurs écoles importantes (lycée classique, école hôtelière). Certes, en matière d'infrastructures sportives, ce n'est pas mal. Idem des clubs s'adressant aux jeunes. Mais nous avons besoin d'autres commerces que ceux qui existent. Et il devient difficile d'avoir des autorisations pour des nuits blanches.
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