Le Jeudi: Index: «On le fera tout seuls!» Index: «On le fera tout seuls!» ================================================================================ Marina on 2010-07-22 14:33:00 Laurence Harf Un congrès nécessaire, moins pour évacuer l'ordre du jour – l'approbation des comptes annuels: le CSV accuse un déficit de 600.000 euros dû entres autres à une campagne électorale chiffrée à 1,6 million) – que pour resserrer les rangs après la zizanie semée par l'échec de la tripartite. «Nous devons nous disputer, surtout sur des questions comme les mesures d'économie, nous taper dessus jusqu'à trouver une solution», lance le «chef» rassembleur Jean-Claude Juncker, «mais ensemble», surtout pas devant les micros ou les caméras. À l'attention du président du LCGB, dissident le plus médiatisé, il enchaîne, sentencieux: «J'aime être dans un syndicat, dans un parti, mais quand on décide pour le pays, cela ne compte pas». Le linge sale se lave donc en famille, politique mais aussi gouvernementale. Les sorties de Nicolas Schmit et consorts au secours de l'index ont été très peu appréciées. Petite leçon de calcul: «26 (députés) égal à deux fois 13 (députés). J'aimerais que Lucien Lux se souvienne que nous sommes deux fois plus forts». Histoire que le gouvernement redevienne «une troupe de combat contre la crise» pas le «tas de poules» auquel il ressemble actuellement. Responsabilités Car la crise est là, n'en déplaise à ceux qui sautent sur une embellie fiscale «liée exclusivement aux banques» pour réclamer la fin de l'austérité. Juncker préfère de toute façon le mot «rigueur». Avec une croissance zéro en 2008 et -3,4%, en 2009, le Luxembourg aurait perdu 11,4% par rapport à son évolution «normale» de 4% par an. «Je reconnais que ça va mieux mais les problèmes ne sont pas réglés.» Et de citer le chômage, le financement à long terme des pensions et le différentiel d'inflation avec les pays voisins: 6,1% de plus qu'en Allemagne. Il faut agir. Répondant au leader de l'OGB-L, qui veut faire payer les responsables: «Je ne vois pas quel Luxembourgeois a déclenché la crise financière mondiale. La caisse Raiffeisen?» Tout comme il ne comprend toujours pas le refus des syndicats de plafonner l'index. «J'ai proposé seulement ce qui figure dans la loi de décembre 1984 sur l'indexation des salaires!» À l'attention des patrons, le Premier ministre tient à rappeler le programme de conjoncture voté en 2009, avec 1,3 milliard d'euros à la clé. «Le gouvernement a pris ses responsabilités», aux partenaires sociaux d'en faire autant, dès la rentrée. Une ultime tentative de rapprochement sera organisée, «mais je ne me torturerai plus avec dix, vingt, trente heures d'entretiens bilatéraux. Si les partenaires n'arrivent pas à se mettre d'accord, on le fera tout seuls!» Et le LSAP est prié de suivre poliment la décision de l'échelonnement ou du plafonnement, préconisée par l'ancien ministre du Travail. Car «un gouvernement est là pour gouverner, pour décider, ce ne sont ni les syndicats, ni les patrons.» Parole de «chef».