Le Jeudi: À la recherche du temps perdu À la recherche du temps perdu ================================================================================ Marina on 2010-07-22 14:37:00 Rachid Kerrou «On a beaucoup parlé aujourd'hui. Ce qui s'est passé hier est regrettable, mais on a discuté de tout ça avec Alberto et maintenant tout est clair», a tenu à préciser Andy Schleck, mardi soir lors de l'arrivée à Pau. La réaction d'un champion qui a visiblement grandi et s'est rendu compte que le Tour de France n'était pas une affaire de gentlemen même si le fair play, du moins au début, n'est pas complètement absent de la caravane. «Je ne peux pas me plaindre parce que si le peloton ne m'avait pas attendu à Spa lors de la deuxième étape, je n'aurais jamais porté le maillot jaune», tient-il lui-même à rappeler à l'adresse des nombreux supporters qui ne perdent plus l'occasion de siffler le champion espagnol à chaque fois qu'il revêt la tunique jaune. Car c'est un fait, Andy Schleck s'est forgé un prénom et une attitude qui séduisent bien au-delà des frontières du Grand-Duché. Il suffit d'un petit tour sur les nombreux blogs consacrés à la Grande Boucle pour se rendre compte de l'aura internationale du jeune Mondorfois. L'unanimité, cependant, n'est pas de ce monde. Les critiques existent et sont curieusement le fait d'anciens champions français. Ainsi Laurent Fignon, même diminué par la maladie, se plaît à souligner, sur France Télévisions, «le manque de culture tactique d'Andy», tandis que Jean-François Bernard – dont le palmarès sur le Tour se résume à trois victoires d'étape et à une grandiose troisième place en 1987 – ne perd pas une occasion de dire toutes les réserves qu'il éprouve quant à la classe du leader de la Saxo Bank. Sans doute ne lui pardonne-t-il pas son respect envers Lance Armstrong, coureur honni par l'ancien champion français. Hinault ou Poulidor? L'occasion se présente pourtant de mettre tout le monde d'accord. Le statu quo qui, de bonne guerre, prévalait entre Schleck et Contador avant l'ultime étape de montagne ce jeudi, ne peut plus durer. Inutile d'être un spécialiste pour savoir que le Luxembourgeois n'a aucune chance face à l'Espagnol sur le long contre-la-montre (52 km) de samedi prochain entre Bordeaux et Pauillac. «Je pense que le Tour va se décider au Tourmalet. On va avoir un beau duel. Et celui qui sera maillot jaune en haut le sera à Paris», assénait, peut-être un peu vite, le Luxembourgeois. Une sentence qui tout de même fleure bon la confiance et traduit la forme exceptionnelle du Mondorfois sur ce Tour. Pour autant le duel, par définition, se joue à deux et rien n'invite à penser que Contador se soit d'ores et déjà totalement livré. Qu'il n'en a plus sous la pédale... on ne s'impose pas deux fois à Paris par hasard. D'ailleurs, de nombreux observateurs restent persuadés que le Tour n' échappera pas à son double vainqueur espagnol. Il appartient donc à Andy Schleck d'attaquer, de pousser Contador à la faute ou de l'épuiser. Car il y a – en France tout du moins – deux manières d'entrer dans la légende: l'une relève du Blaireau, alias Bernard Hinault, cinq fois vainqueurs de la Grande Boucle et de moult autres courses et la «Poulidor», inoubliable et indécrottable deuxième ou troisième (8 fois sur le Tour), jamais premier! Autant prendre les bonnes habitudes le plus tôt possible...