Le Jeudi: Editorial: L’école est finie Editorial: L’école est finie ================================================================================ Marina on 2010-07-15 15:48:00 Danièle Fonck Reste à voir pourquoi le Luxembourg qui accueille tant de frontaliers, n'adapte pas enfin ses vacances à celles des voisins français, belges ou allemands – d'ailleurs mieux en harmonie avec la météorologie – et chômerait ainsi du 1er juillet au 1er septembre. Ceci dit, est-elle jamais finie l'école dans un monde où les exigences grandissent et où les besoins d'adaptation au cours de la vie professionnelle seront de plus en plus grands? Peut-être est-ce ce discours-là qu'il faudrait tenir aux élèves, plutôt que de leur raconter qu'un bon élève en vaut un mauvais. Dans sa chronique de la semaine dernière, le professeur André Wengler (cf. Le Jeudi du 2 juillet 2010) observait que le bac était devenu en quelque sorte superflu dans la mesure où il amenait une majorité d'élèves à l'université et que 60% de ces derniers échouaient ensuite en première année de faculté. À dire vrai, on peut s'interroger sur la nécessité d'une épreuve qui n'est plus une sélection au plus haut niveau, donc un signe d'excellence, mais plutôt un diplôme rassurant pour les politiques et les parents. Le plus étonnant, et c'est un spécialiste qui parle (cf. André Wengler), est que le Luxembourg ne recense d'aucune manière le taux d'échec de ses étudiants au bout de la première année universitaire. Sans chiffres cependant, pas de réel jugement possible sur la valeur intrinsèque du diplôme de fin d'études secondaires. Le bac, appelons-le ainsi, n'est plus le bac. D'ailleurs le bac classique et le bac technique ont-ils la même valeur? Question taboue puisqu'il faut faire leurrer aux élèves comme à leurs parents que le savoir est le savoir, que culture générale équivaut à culture générale, que lycée égal lycée, que formation équivaut à formation. Pourtant! Bien évidemment, il y a des différences d'éducation, de milieu, d'enseignement, de matières, d'approfondissement, de rythme et donc de connaissances. Pourquoi le nier? Dans l'intérêt de qui? Aucun diplôme ne remplace – c'est certain – le talent et l'intelligence. Et encore moins le travail et la rigueur. Une chose est vraie toutefois: la compétition qui n'a plus lieu à l'école, aura lieu en entreprise. Y comptent les plus fines intelligences, les meilleurs diplômes et les qualités humaines. Un mélange savant sur lequel l'enseignement n'attire ni l'attention des jeunes ni celle de leurs familles. À une époque où l'emploi n'est plus une évidence et où la libre circulation permet aux plus brillantes têtes de s'installer n'importe où, il y aurait pourtant intérêt à dire la vérité: crue et nue.