Le Jeudi: Beaucoup d'espoirs Beaucoup d'espoirs ================================================================================ Marina on 2012-05-10 15:06:00 Ils sont aussi à la mesure du désenchantement résultant de la politique de Nicolas Sarkozy. A la fois énormes et simples, ils intéressent tout autant la France que l'Union européenne. La joute électorale qui vient de s'achever a montré combien la France est divisée, inquiète, apeurée, nostalgique et finalement mal à l'aise dans son époque, celle de la mondialisation. L'implantation du Front national au premier tour et l'option «extrême droitière» prise par Nicolas Sarkozy n'ont fait que confirmer ces profondes fractures qui ne demandaient pourtant pas à être attisées. Si la priorité du président élu est maintenant de conforter sa majorité aux prochaines législatives, son défi se pose en termes de cohésion sociale, de vivre ensemble, de rassemblement – pour reprendre un mot qu'il a fréquemment utilisé lors de la campagne – et de restauration de la confiance. Créer ce terreau fertile pour rassembler et appréhender sereinement l'avenir ne peut venir que de la recomposition du champ social, à travers la laïcité notamment mais aussi grâce à des services publics qui rompent l'isolement, et cassent ce sentiment d'oubli que les habitants des cités dites sensibles et des campagnes peuvent avoir, et à une meilleure redistribution de la richesse. Cette richesse se traduit par l'accès à l'éducation, au logement, aux soins… mais passe indubitablement par l'emploi, la priorité des priorités pour François Hollande et le gouvernement qu'il est en train de mettre en place. Qui dit emploi dit croissance, et qui dit croissance dit Europe. Et dimanche dernier, à leur manière, et à la mesure de leur désespoir, mais très démocratiquement, les peuples français et grec ont envoyé un message clair à Bruxelles mais aussi à toutes les capitales européennes, Berlin en tête. L'austérité ne peut pas être l'unique réponse à la crise. Le retour à la croissance est nécessaire et urgent pour accompagner la remise en ordre des finances publiques. En ce sens, les espoirs qui reposent sur les épaules de Hollande sont aussi européens. Il s'agit notamment de faire face à la rigidité budgétaire de la chancelière allemande. Bien sûr, il est question de relance économique. Barroso vient d'adresser un appel aux pays européens à se mobiliser «pour relancer le moteur en panne de la croissance» et les voix sont de plus en plus nombreuses à s'élever pour soutenir les décisions allant en ce sens. Mais les attentes au niveau européen ne se limitent pas à l'économie. Depuis le début de la crise, l'Union monte des pare-feu pour éviter le pire sans nécessairement s'intéresser aux institutions. De nouveaux progrès sont nécessaires sur le chemin de l'intégration économique et politique avec, à la clé, un nouveau partage des souverainetés. Le prédécesseur de François Hollande avait souvent fait preuve d'une forme d'autoritarisme en la matière et montré peu d'égards envers ses partenaires dont le Luxembourg et son Premier ministre. Nul doute qu'au moins le style changera. Reste à savoir de quelle manière François Hollande saura se faire entendre et écouter ses partenaires européens pour relancer la croissance et la solidarité plutôt que de rebâtir des frontières dont on sait pourtant qu'elles n'ont plus lieu d'être. Jacques Hillion