Série noire, chronique d'un voyage qui tourne mal
Même pour les coffres-forts, le virtuel peut s'avérer aussi solide que le réel
Ah, ce virtuel! On ne se parle plus, on ne se rencontre plus... Il est certain que le virtuel n'a pas que du bon et diminue notre part de sociabilité. Mais, au risque de froisser ses détracteurs les plus assidus, il regorge parfois de ces petites pépites qui peuvent changer la vie...
Directeur d'une usine de décolletage, je m'offrais enfin ces vacances que j'attendais tant.
Une année de labeur récompensée. Et cette joie de partir, je la mesurais déjà dans les yeux de mes enfants, qui, au- delà de quitter notre pays pour des contrées lointaines, pétillaient du seul fait de partager des moments privilégiés avec leur papa, c'est-à-dire moi.
Mesdames, messieurs, les passagers à destination de Cancún sont priés de rejoindre la porte F13 afin de procéder à l'embarquement.
Nous allions enfin embarquer, soulagement, car j'avais blêmi un instant à la douane en me rendant compte que mon passeport arrivait à expiration.
N'existe-t-il pas un moyen de se rappeler ce genre de chose? Mais bon... Nous étions dans l'avion, c'est cela qui comptait.
Les jambes ankylosées, la bouche pâteuse, nous étions arrivés... Ah, Cancún, ses plages de sable fin, son climat de rêve, ses cocktails, son ambiance caribéenne!
Une fois descendu de l'avion, je me dirigeai en toute hâte vers le hall pour réceptionner les bagages.
En toute hâte, c'est sûr, car j'obligeais mes deux loulous à trottiner à mes côtés. Mais bon... Ils étaient aussi impatients que moi!
Et le cauchemar commençait...
30 secondes, je vous assure, 30 secondes maximum, j'ai donné un mouchoir à Louis, et je n'ai abandonné mes bagages des yeux que 30 secondes. J'avais beau faire preuve de mon désarroi auprès de la sécurité de l'aéroport, d'une part, la langue nous séparait, d'autre part, les agents ne pouvaient que constater à défaut d'agir.
Mon bagage à main contenant mes papiers, ceux des enfants, mes cartes de crédit, mes vouchers pour l'hôtel, mes billets d'avion... envolés ou plutôt volés!
À bientôt 42 ans, je ne me souvenais pas avoir versé une larme depuis bien longtemps.
Et même si cette larme n'était que peu de chose face aux torrents lacrymaux de mes enfants, elle en disait beaucoup! Que devais-je faire?
Même mon téléphone était au registre des objets disparus. Je me sentais nu, et ce n'était pas les 2 euros qui me restaient en poche qui allaient me permettre de contacter quelqu'un resté au pays pour me sortir de ce mauvais pas.
Après avoir recouvré mes esprits, tempéré mon émoi, séché les larmes de mes bambins et la mienne, poussant des «ça va aller» sans conviction, je me souvins ...
Je me souvins que sur le conseil de Jean, mon ami catastrophe, anxiogène, hypocondriaque, et j'en passe..., j'avais ouvert quelques jours avant le départ un coffre-fort virtuel.
Pour être franc, j'avais obtempéré sous l'insistance répétée de mon ami pour avoir la paix. Eh bien, mon cher Jean, attends que je rentre, je te remercierai comme il se doit.
Épilogue heureux
Un coffre-fort virtuel? Mais bon sang, à quoi cela me servirait-il?
Eh bien, j'avais à ce moment précis la preuve concrète de son utilité.
Bon élève, quelques jours avant mon départ, j'avais déposé dans mon coffre-fort virtuel ultra-sécurisé une copie de mon passeport, celui de chacun de mes enfants, les copies de ma carte Visa, de mon voucher pour l'hôtel, ma liste de contacts téléphoniques, et mon e-ticket.
SeeZam, ouvre-toi!
L'hôtesse d'accueil m'avait gentiment donné accès à l'ordinateur et l'imprimante de l'hôtel, et, une fois passé le cap de l'identifiant, du mot de passe, j'accédai enfin à ces documents qui, d'un coup, étaient devenus si précieux. Mon Précieux, me soufflait d'ailleurs Pierre, mon second, en imitant Gollum, et en retrouvant le sourire. Oui, grâce à ce coffre-fort virtuel auquel je ne croyais pas, nos vacances allaient pouvoir se dérouler dans de meilleures conditions, que sans!
Dicken Kuss (bons baisers) de la famille Hoffmann depuis Cancún.
Gérald Bertrand
SeeZam.com
La législation luxembourgeoise est particulièrement avantageuse pour ceux qui souhaitent protéger certaines informations liées à leur vie ou à leurs activités.
Unique en Europe, elle n'émet aucune restriction en matière de cryptage et n'oblige en aucune manière le fournisseur de services à déposer dans un organisme tiers (ou de séquestre) la clé de cryptage qui permettra de déchiffrer les documents déposés.
Ce qui fait du Luxembourg le pays hôte le plus sécurisé en matière de protection des données.
Magique, touchant, grave
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