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Nombreux sont les Ivoiriens...

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On dit et on entend beaucoup sur la situation en Côte d'Ivoire. Qu'en disent les Ivoiriens?


David Broman

Position unanime de la «communauté internationale»: Alassane Ouattara est le vainqueur – incontestable – des élections présidentielles du 28novembre, délogeant ainsi Laurent Gbagbo, et ce malgré le fait que ce dernier en ait été officiellement déclaré vainqueur. La «communauté internationale» exige le départ immédiat de Gbagbo, qui refuse. Et voilà la Côte d'Ivoire à nouveau engagée dans une logique de guerre civile.
Nombreux sont les Ivoiriens qui sont mal à l'aise, confus et en colère. Voici des constats qu'ils ne manquent pas de faire.
Beaucoup d'Ivoiriens – notamment des petites tribus du Sud – qui étaient farouchement anti-Gbagbo se sentent pris au piège parce qu'ils sont persuadés que Ouattara est pire. D'aucuns craignent que ce dernier, d'évidence au service des grands intérêts du commerce mondial, n'hésite pas à exterminer («génocider», entend-on) toute résistance à ses projets de «développement».
Ouattara est perçu comme le candidat du commerce mondial et du néolibéralisme occidental: économiste formé aux États-Unis, il a travaillé au Fonds monétaire international (FMI) à Washington – notamment comme directeur régional –, puis à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à Paris et à Dakar...
Les Ivoiriens ont pu avoir une sorte d'avant-goût de ce qui les attend lorsque, Premier ministre (de 1990 à 1993), il imposa une douloureuse politique d'austérité. Aussi n'hésita-t-il pas à faire emprisonner les opposants à cette politique, notamment un certain Laurent Gbagbo...
Les Ivoiriens se souviennent aussi du coup d'État tenté par Ouattara en 2002, coup d'État qui aboutira à la division de facto du pays en un Nord et un Sud.
Bref, alors qu'aujourd'hui la communauté internationale ne voit en Ouattara qu'un homme d'affaires rassembleur, respectueux du droit et qui ne veut que l'intégration de son riche pays dans l'économie mondialisée, nombreux sont les Ivoiriens qui ne peuvent s'empêcher d'y voir le «candidat Bolloré», ou le «candidat des agences de notation américaines» et un homme littéralement prêt à tout pour vendre le pays aux plus offrants.
Beaucoup d'Ivoiriens estiment que les élections n'auraient jamais dû être organisées tant que le pays restait divisé et que les rebelles du Nord n'étaient pas désarmés. «Si le pays est divisé au moment des élections, entend-on, il ne faut pas s'étonner à ce qu'il y ait deux vainqueurs.»
La responsabilité de l'Organisation des Nations unies et de la «communauté internationale» est engagée dans la confusion et l'escalade de la violence. La précipitation de l'organisation dans son soutien à Alassane Ouattara, au mépris des procédures légales, incite de nombreux Ivoiriens à y voir un énième épisode postcolonial où la puissance économique profite d'élections organisées par elle-même pour placer le pion qui continuera à siphonner les richesses.

Participation

Des Ivoiriens n'ont aucune confiance dans les résultats provisoires des élections tels que publiés par la Commission électorale indépendante (CEI). Si des fraudes ont été perpétrées, ils sont convaincus qu'il y en a eu des deux côtés, donc y compris côté Ouattara – ce que de nombreuses observations internationales confirment.
Un chiffre est révélateur d'un problème sans doute plus fondamental: c'est le taux de participation. Aujourd'hui encore, les partisans onusiens de Ouattara clament un taux de près de 80% – chiffre basé sur les résultats provisoires du 2 décembre – alors que le Conseil constitutionnel évoque un taux de 70%. Ce taux est non seulement plus conforme aux observations sur le terrain, mais correspond à celui annoncé par un des vice-présidents de la CEI au lendemain des élections. Par ailleurs, la loi électorale a été violée par les deux institutions chargées des élections – la loi dit clairement qu'il aurait dû y avoir de nouvelles élections – et les Ivoiriens aimeraient comprendre pourquoi, au lieu d'en appeler au respect de la loi, la «communauté internationale» a préféré soutenir un vainqueur contestable.
Nombreux aussi sont les Ivoiriens qui ne comprennent pas pourquoi Ouattara refuse la proposition de Gbagbo de recompter les voix. S'il s'estime légitime, n'aurait-il pas une meilleure qualité de légitimité lorsqu'il aura été confirmé par «recomptage»?
Concernant l'«ivoirité»: selon de nombreux Ivoiriens, il est d'une grande «tradition» (colonialiste) ivoirienne d'accueillir les nationaux des pays voisins et, même, de leur ouvrir l'accès à des postes au sein de l'État comme hauts fonctionnaires, ambassadeurs et ministres. Cela dit, beaucoup d'Ivoiriens estiment que la France a manipulé les manuels d'histoire utilisés dans l'enseignement dans les pays voisins, faisant circuler la croyance que la Côte d'Ivoire, au départ, était un État «neutre», c'est-à-dire composé d'aucune ethnie spécifique. C'est ainsi que beaucoup de nationaux étrangers bénéficiaires de la dite «tradition» croient en toute sincérité qu'ils sont littéralement chez eux en Côte d'Ivoire. Dans ce contexte, l'«ivoirité» – si elle prend certes des formes racistes – est pour ces Ivoiriens plutôt une affirmation d'identité qu'une volonté d'exclure.
Concernant les massacres de civils qui, selon la communauté internationale, sont tous perpétrés par les hommes de Gbagbo, il faut rester prudent. Il y a dans ce domaine une manipulation des informations à tous les niveaux, ce qui fait qu'il est pratiquement impossible, même pour des gens sur place, de savoir exactement ce qui se passe. Le film du fameux massacre des femmes manifestantes n'est pas en soi une preuve de manipulation, mais devrait rappeler à tous que toute information est à prendre avec précaution.
Pour les Ivoiriens, l'ONU est partiale et traite les problèmes avec une approche «deux poids deux mesures». Ils ne comprennent pas pourquoi elle se permet de court-circuiter les procédures légales prévues en imposant «son» vainqueur, alors que, pour d'autres pays, elle fait mine de défendre l'État de droit.
Ils signalent aussi que la reconnaissance par l'ONU de la victoire de Ouattara n'a pas de valeur morale en soi, puisqu'il suffit de regarder comment elle a reconnu et reconnaît encore la légitimité de dictateurs à travers le monde...
La communauté internationale devrait, plutôt que de choisir un camp, ne se faire que le défenseur de l'État de droit. Elle devrait appeler soit à de nouvelles élections, puisque c'est la loi ivoirienne qui l'exige, soit, pour des raisons pratiques et de coût, à un «recomptage» des voix. Cette attitude aurait le mérite d'effectivement «parler au peuple», de le rassembler, dans la cohérence, autour de valeurs et de règles du jeu reconnues et d'objectivement légitimer le vainqueur – quel qu'il soit. 

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tchabio sur 2011-04-22 20:19:53
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la communauté internationale composée des usa,de la france,et de l'angleterre,peut se laisser berner,par cet energumène de ouattara mais pas le vaillant peuple de cote d'ivoire.si ce president de l 'etranger est imposé à mon pays par ces 3 pseudos puissances en faillite face à la chine, c'est pour voler nos ressources naturelles tres convoitées par ces pays esclavagistes.
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ahouo koutouan sur 2011-04-13 17:24:58
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le president obama est la pire des choses qui arrive au peuple noir apres la fin de l'esclavage.fils d' africain qui s'associe avec ceux qui ont deshumanisé la race noire de son pére pour detruire l'afrique,la maison de son pere.hier la lybie aujourd'hui la cote d'ivoire.il est la risée des occidentaux et un cauchemard du monde noir.fils indigne pour l afrique.
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David Broman sur 2011-04-11 09:48:28
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@Laurence: que mes prières accompagnent les vôtres pour que vous puissiez retrouver votre mari sain et sauf le plus rapidement possible.
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Laurence Seka sur 2011-04-07 11:21:12
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Bonjour,
Je vous félicite, enfin un article réalise sérieursement et qui retrace ce qui se passe réellement sur place.
Je parle en connaissance de cause puis que mon mari est bloqué sur place, je suis en permanence en contact avec lui, mais la situation se dégrade de plus en plus, il n y a presque plus à manger ni a boire, l 'électricité et régulierement coupé, ca tire dans tous les sens ; tous les habitants sont révoltés que des étrangers et surtout les français soit en train de détruire leur pays, de tirer sur des populations demunies....
Moi je suis angoissée, révoltée et je ne sais pas quand je pourrais revoir mon mari car a
à l heure actuelle il n y a plus d 'avions et aucune décisions de rapatriement ne se décide.

Voici la réalité de la cote d Ivoire
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Claudine Penen sur 2011-04-01 10:32:48
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Tout a fait d'accord avec cette sage analyse de David. Le recomptage aurait été une bonne pratique et Ouatarra sera sûrement un serviteur du néolibéralisme et des puissances occidentales.
Espérons que cette fin de pouvoir de Gbagbo aura pour conséquence la paix pour les populations, à suivre donc..
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