Le week-end commence le samedi à 19.00h
A gauche, les syndicats, à droite, le patronat. Au centre de la mêlée, la ministre Hetto-Gaasch face à ses responsabilités.
Récurrent... Syndicats et employeurs, ceux-ci représentés par la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC), se battent sur les heures d'ouverture des magasins, depuis la grande surface jusqu'à la boutique en passant par la supérette. Les heures d'ouverture et, forcément, les heures de travail des salariés, pour lesquelles les syndicats revendiquent la revalorisation lorsqu'il s'agit de l'ouverture tardive. Ces derniers jours, les parties adverses se menaient une guerre de tranchées par voie de communiqués et de conférences de presse. Il s'agissait aussi, pour reprendre les termes de la CLC, de placer la ministre des Classes moyennes et du Tourisme «face à ses responsabilités».
Dans les jours qui viennent, Françoise Hetto-Gaasch prendra ses responsabilités puisqu'il lui appartiendra de déposer ses propositions au conseil de gouvernement. Ceci après ce qui fut appelé «la réunion de la dernière chance», mardi dernier. La réunion s'est soldée par un cuisant échec qui conduit Françoise Hetto-Gaasch à jouer, à regret, en solitaire sur une voie plus ou moins médiane, certainement pas consensuelle.
Guerre de tranchées mâtinée de mauvaise foi? Voici juste une semaine, l'OGB-L et le LCGB constataient en chœur que «la CLC avait quitté la table des négociations.»
Quatre jours plus tard, la veille de la réunion, la CLC réagissait: «Les syndicats refusent de négocier. Ils revendiquent un taux de majoration de 50% qui ne serait pas négociable.»
Mais de quoi retourne-t-il?
Rappel syndical: «La loi sur les heures d'ouverture prévoit que les magasins ferment à 18.00h les samedis et certaines veilles de jours fériés. Une dérogation permet aux commerçants d'ouvrir jusqu'à 20.00h.»
Or, la dérogation, non la loi, arrive à échéance le 1er juillet prochain.
Le débat est donc là: dans la mesure où le gouvernement prolonge la dérogation (le «20.00h» est inscrit dans le programme de la coalition CSV-LSAP) mais où la ministre (CSV) ne la reprend que partiellement (ouverture samedi jusqu'à 19.00h), améliorera-t-on les conditions financières de ces heures tardives?
«Non», a déjà répondu la ministre à l'issue de la période d'essai qui n'a pas permis aux partenaires sociaux d'aplanir leurs différends.
Toute la semaine, jusqu'à 20.00h
André Sowa (OGB-L) place le conflit sur le plan social: «L'ouverture prolongée rend plus difficile encore la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Nous demandons évidemment une contrepartie pour les salaires. Ou alors davantage de temps libre. Nous préférons plus de congés.»
Il faut savoir que tous les salariés ne sont pas concernés par les ouvertures vespérales: 20%, selon André Sowa. Qui se rappelle qu'il fut un temps où le patronat avait marqué son accord pour une majoration de 30% du salaire pour les heures prestées au-delà de 18.00h.
«La question ne se pose pas lorsque l'entreprise est sous le coup d'une convention collective qui concerne surtout la grande distribution. C'est évidemment tout différent pour les boutiques et les centres commerciaux. N'oublions pas que les majorations se calculent au départ d'un salaire très faible, souvent même au minimum légal. Les salariés sont parmi les plus mal rémunérés sur le marché du travail luxembourgeois. Les conditions de travail sont extrêmement difficiles», ajoute le syndicaliste.
Il répète la revendication: le retour à la loi originelle, la fermeture des magasins à 18.00h le samedi ou, le cas échéant, une hausse de 50% pour les heures prestées entre 18.00h et 20.00h.
Michel Petit
Et les Grecs?
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