L’Université du Luxembourg va ouvrir ses portes aux salariés
L’Université signera, en décembre, un partenariat avec le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), spécialiste de la formation professionnelle supérieure en France.
Fabrice Barbian
La formation professionnelle continue fait partie intégrante des missions de l’Université du Luxembourg. Si quelques projets ont été développés en la matière, ce secteur devrait connaître un fort développement dans les années à venir.
Avant la fin de l’année, l’Université signera une convention avec le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), le spécialiste français de la formation professionnelle supérieure.
A titre d’information, rien qu’en Lorraine, le Cnam accueille chaque année 3.400 élèves, formés par 300 intervenants (issus du monde académique et professionnel), sur une dizaine de sites.
«Un comité de pilotage est en place pour plancher sur le contenu des formations à développer, avec pour ambition, bien entendu, d’être complémentaire à l’offre développée dans l’enseignement supérieur», explique Guy Keckhut, le directeur adjoint du Cnam en Lorraine, qui est également le responsable des partenariats et du développement.
Pour ce faire, le Cnam occupera des bureaux provisoires au Grand-Duché avant de s’installer dans les locaux de l’Université du Luxembourg, à Belval, en 2013 ou 2014.
Avec la CSL
Via ce partenariat, le Cnam conforte son ambition de créer un Conservatoire européen des arts et métiers actif en Grande Région. Une démarche initiée depuis quelques années déjà. Au Luxembourg, le Conservatoire est déjà actif au travers du réseau Best (Bien-être et santé au travail), initié en collaboration avec la Chambre des salariés (CSL), qui développe des modules de formation liés à la santé, à la sécurité et au bien-être au travail.
«Dans ce domaine aussi, il y aussi du neuf, souligne Guy Keckhut. Avec la CSL, nous avons récemment signé un accord de partenariat qui s’inscrit dans un cadre soumis aux principes Ecvet (European Credit for Vocational Education and Training). L’objectif majeur de cet accord consiste en la reconnaissance mutuelle des formations professionnelles continues proposées par les deux institutions.» Pour information, Ecvet, qui est une initiative du Parlement et du Conseil européens, est l’équivalent pour la formation professionnelle continue de l’ECTS (European Credit Transfer System) dédié à l’enseignement supérieur. Il s’agit d’un système favorisant la mobilité internationale des étudiants en garantissant la reconnaissance des qualifications. Après l’Université du Luxembourg et la CSL, à l’image de ce qui se pratique déjà en France, le Cnam compte certainement développer des accords avec le troisième acteur actif au Luxembourg en matière de formation: la Chambre de commerce.
Ambition Grande Région
Mais au-delà de l’axe Lorraine-Luxembourg (le Cnam en Lorraine se chargeant de mettre les projets du Cnam «en musique»), le Conservatoire a également développé des relations avec la Sarre. Concrètement, une convention a déjà été signée avec la HTW (Hochschule für Technik und Wirtschaft) de Sarrebruck. «Là encore, l’idée est de développer des formations professionnelles. En janvier prochain, nous lançons, par exemple, un certificat franco-allemand, de spécialisation en management des établissements sanitaires et sociaux, précise Guy Keckhut. Nous planchons aussi sur une nouvelle formation d’ingénieur dédiée à la fin de vie des produits ou à l’éco-conception (se poser la question de la valorisation d’un produit en amont de sa fabrication). Un projet qui implique d’ailleurs des acteurs allemands, français mais également luxembourgeois, comme le Centre Henri Tudor, notamment. Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais cette formation, comme d’autres dans le domaine de l’informatique, pourrait d’ailleurs faire partie de l’offre qui sera proposée dans le cadre du partenariat entre le Cnam et l’Université du Luxembourg.»


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