Le risque, c'est capital
Jeannot Krecké et Luc Frieden main dans la main au nom de la diversification du tissu économique luxembourgeois
Deux investissements conçus comme le moyen d'œuvrer à la politique de diversification et de développement durables de l'économie luxembourgeoise.
L'annonce en a été faite conjointement par Luc Frieden, ministre des Finances, et Jeannot Krecké, ministre de l'Economie: l'Etat va investir 145 millions d'euros dans deux fonds de capital risque.
145 millions d'euros issus des dividendes perçus au titre de la prise de participation dans BNP Paribas et sa filiale luxembourgeoise BGL BNP Paribas.
De quoi, chemin faisant, prouver que l'austérité ne doit pas se faire au détriment des investissements futurs et que l'expertise financière de la Place doit aussi servir à consolider l'économie réelle.
Concrètement, 25 millions seront investis dans le secteur des sciences de la vie. Le plan d'action «technologies de la santé», présenté en 2007, prévoyait la mise en place d'un outil de financement approprié
«La décision du gouvernement d'investir à travers la Société nationale de crédit et d'investissement (SNCI) dans un fonds capital à risque spécialisé dans le domaine des sciences biomédicales s'inscrit dans ce contexte», ont détaillé les ministres. Les 25 millions débloqués seront ainsi investis dans le fonds Advent Life Sciences Fund I du groupe londonien Advent Venture Partners. Un fonds dédié exclusivement aux technologies biomédicales dans lequel, par ailleurs, le Fonds européen d'investissement (FEI) est actionnaire.
Les objectifs avoués de cette initiative sont multiples: participer à des investissements porteurs et rémunérateurs, faire apparaître le pays sur la carte du capital risque et s'assurer que certains de ces investissements pourront contribuer au développement de l'activité des biotechnologies au Grand-Duché. Une priorité de l'action de Jeannot Krecké depuis son accession au ministère de l'Economie en 2004.
A cet effet, Advent s'est d'ailleurs engagé à assurer une présence au Luxembourg, à former certains fonctionnaires et à organiser des réunions et conférences spécialisées au Luxembourg.
Innovation et start-up
L'autre axe d'investissement choisi est celui, plus général, de l'innovation.
La SNCI et le FEI vont mettre en place le Luxembourg Future Fund. Là aussi, un véhicule de capital risque chargé de favoriser l'éclosion ou d'attirer des start-up contribuant à l'innovation.
Le Luxembourg Future Fund sera géré par le FEI qui y participera également en tant qu'investisseur minoritaire à hauteur de 30 millions d'euros contre 120 millions injectés par la SNCI.
Il sera régi par deux principes: la recherche de rentabilité financière et la recherche de retombées pour l'économie luxembourgeoise.
Ainsi, les investissements décidés devront avoir une dimension permettant de s'attendre à avoir un impact en termes de diversification et de développement durables de l'économie luxembourgeoise et ce, dans tous les secteurs technologiques à l'exception – investissement dans l'Advent Life Sciences Fund I oblige – des technologies de la santé.
«Partant, Luxembourg Future Fund constituera un nouvel instrument complémentaire et d'importance de la politique de diversification et de développement durables de l'économie luxembourgeoise», ont noté les ministres.
Ministres qui se sont d'ailleurs félicité de la bonne entente de leurs administrations dans la conduite de ces deux projets.
Marc Fassone
Et les Grecs?
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