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Benefices et dependance

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La Place financière représente 38% du PIB luxembourgeois

Malgré des finances publiques à faire pâlir les agences de notation et avec des recettes en hausse, le ministre Luc Frieden campe sur son analyse. L'objectif zéro déficit au cours de la législature reste le chemin à suivre et faire des bénéfices dès 2014 un vœu pieux. Notamment pour éviter ce que la classe politique désigne par le mur des pensions.

La santé des finances publiques est bonne. Pour 2011, les recettes (11,7 milliards d'euros) sont même de 5% supérieures aux prévisions budgétaires, soit la rondelette somme de 550 millions d'euros. Une bagatelle pour le ministre des Finances, Luc Frieden, qui estime que «pour 2011, nous sommes plus ou moins en ligne avec les prévisions budgétaires». En 2010 déjà, les recettes furent plus importantes que prévu avec une différence de 9,9% soit presque un milliard d'euros entre le budget et le compte.
D'où viennent ces 5% supplémentaires en 2011? Ils seraient d'abord à mettre sur le compte d'une «collecte des impôts au niveau du secteur financier plus efficace, un travail administratif aussi plus efficace».
Concrètement c'est la partie de l'activité internationale que sont le commerce électronique et l'industrie des fonds qui vient renforcer les recettes.
Pour l'e-commerce, la TVA récoltée représente 550 millions d'euros de recettes, soit 30% de plus qu'en 2010. Mais Luc Frieden attire l'attention sur la «fragilité» et la «volatilité» de ces rentrées, tout en sachant qu'à partir de 2015 les règles européennes en matière de TVA sont appelées à changer. Un changement en défaveur du Luxembourg puisque la TVA applicable sera celle du pays de l'acheteur et non plus celle du vendeur comme c'est le cas aujourd'hui.
Quant à la taxe d'abonnement prélevée auprès des fonds d'investissement, elle a rapporté, au total, 618 millions soit 22 de plus qu'en 2010. «Cette évolution positive est due aux premiers mois de 2011, où l'on notait une légère amélioration de la conjoncture internationale, soit avant la crise de la dette, analyse Luc Frieden qui avertit immédiatement que ces progressions sectorielles ne sont pas tout simplement applicables au budget pour les années à venir».
Le ministre note par ailleurs «une progression des recettes pour l'impôt sur le revenu due à la création d'emplois et donc à l'augmentation de la masse salariale».

Le programme conjoncturel existe déjà!

Luc Frieden ne s'est en revanche pas attardé sur les dépenses, et pour cause. Si les recettes sont bel et bien clôturées après 12 mois, les dépenses en revanche se fondent «sur une autre règle, c'est-à-dire qu'elles courent jusqu'au mois de mars de l'année suivante».
En somme, il faut attendre début avril pour connaître le solde définitif. «Manquent en particulier les transferts à la sécurité sociale rappelle le ministre, qui suggère que cela peut représenter des centaines de millions d'euros». Et d'ajouter qu'il ne faut donc pas «surestimer la divergence positive» notée du côté des recettes. Ceci étant, une divergence négative du côté des dépenses n'est pas prévue reconnaît le ministre, l'année dernière, elle s'élevait d'ailleurs à seulement 0,5%. Pas question donc de changer son fusil d'épaule, «même avec un déficit plus petit grâce à des recouvrements exceptionnels, la nécessité d'équilibrer le budget demeure». Luc Frieden lie cette exigence à l'incertitude qui entoure l'économie mondiale et qui pèse ainsi lourdement sur le pays. Car «l'importance du secteur financier dans le PIB luxembourgeois a augmenté ces trois dernières années pour en représenter 38%, une dépendance qui ne connaît pas d'équivalent à l'étranger». Il rappelle à cet égard la création par l'Etat de deux fonds d'investissement appelés à ouvrir de nouveaux champs d'activité dans l'économie réelle (voir page suivante).
Et va même plus loin notant qu'«il y aura sans doute des mesures à prendre». Lesquelles? Aucune piste n'est à exclure, mais le ministre n'apporte pas plus de précision. «Je discute avec des organisations sur la baisse du déficit, de l'opportunité de réduire les dépenses ou d'augmenter les impôts. Mais tout cela n'est pas public pour être plus constructif».
Le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, estime que la zone euro est «au bord de la récession» et que si «nous devons consolider nos finances publiques […], il faut aussi attirer l'attention sur la nécessité qu'il y a de doter l'Europe d'une véritable politique de croissance.» Son ministre des Finances ne peut qu'acquiescer. Ceci dit, pour le Luxembourg, il n'y a pourtant «pas la nécessité d'un programme conjoncturel, car il existe déjà dans le budget 2012 estime-t-il, à savoir 1,8 milliard d'euros d'investissements prévus». 

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