Peeping Lucy
Plongée dans un sommeil profond, Lucy s'endort tous les soirs à côté d'un homme différent, un homme qu'elle ne connaît pas et qu'elle ne verra jamais.
Afin de payer ses études, Lucy (Emily Browning, Sucker Punch, 2011) cherche divers petits boulots qui lui permettront de joindre les deux bouts. De rat de laboratoire occasionnel, elle passe dans une organisation mystérieuse qui réalise tous les désirs de ses clients.
La jeune femme innocente et candide est droguée afin qu'elle s'endorme toute nue dans le lit d'un manoir isolé, sans savoir ce qui lui arrivera pendant son sommeil. Elle a dû faire le serment de ne pas poser de questions sur le déroulement de ces nuits, mais les traces de son passé vont la rattraper lentement et la pousser à satisfaire sa curiosité. L'écrivaine australienne Julia Leigh signe avec Sleeping Beauty son premier scénario et sa première réalisation.
Fable érotique
En partant d'un canevas non étranger à la littérature récente, comme dans les nouvelles de Yasunari Kawabate et de Gabriel Garcia, Leigh s'intéresse au ressenti d'une jeune novice qui ne sait pas ce qui advient de son corps pendant ses nuits de sommeil forcé. En établissant d'emblée un rapport de complicité avec le spectateur, en lui donnant des bribes d'information cruciales que ne détient pas le personnage principal, Leigh se place exclusivement dans une position d'observation.
Frôlant le voyeurisme, elle entraîne le spectateur dans la quête initiatique d'une jeune femme à la recherche d'elle-même, mais qui choisit de subsister avant d'exister. Dans cette fable érotique, chaque détail formel est méticuleusement soigné, prenant ainsi le dessus sur le fond qui n'est ici traité qu'en surface. L'accumulation d'un rythme atone, de prestations d'acteurs rigides et d'une distanciation constante avec ses personnages – due au principe d'observation –, ainsi que la volonté trop affichée et maladroite de vouloir s'inscrire dans l'univers des films d'auteurs, ne permet pas à Sleeping Beauty de peaufiner le portrait d'une société bourgeoise, de ses dérives et ses convoitises, ni celui de la jeune femme qui se retrouve malgré elle au centre de leurs désirs.
Et les Grecs?
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