Quand le jazz est là
En s'appuyant sur une longue expérience des concerts jazz, la commune de Dudelange lance le premier festival de jazz d'envergure au Grand-Duché, ouvert à toutes les formes de notes bleues. Son affiche est impressionnante.
Beaucoup de festivals débutants aimeraient se targuer d'une affiche aussi équilibrée et riche d'artistes de renom international.
Il faut dire que la ville de Dudelange a largement contribué à nourrir le public d'une programmation variée depuis plus de vingt ans. Restait à entériner cette réputation d'un événement à sa hauteur. Qui viendrait autant offrir à découvrir les nouveaux noms de la scène internationale couvrant l'essentiel des courants contemporains que ceux d'une stature déjà reconnue, tout en permettant à la scène locale et régionale de venir s'y confronter.
C'est chose faite désormais, et sur le papier le challenge semble réussi. L'affiche touche une belle partie des courants actuels du jazz, propose une belle palette d'instrumentistes de tous poils et réunit aussi bien les fidèles de la scène luxembourgeoise que des talents reconnus ou en passe de le devenir.
Forcément, le Grand-Duché est un peu plus à l'honneur, il faut dire que ses représentants ont tendance à se distinguer sur les scènes européennes et au-delà ces derniers temps, tels le RDW Trio (le 19), trio de piano en lien avec la scène new yorkaise, ou le Luxembourgeois d'adoption Michel Pilz avec son Topp 4Tet.
On note aussi la présence du saxophoniste Maxime Bender en quartet (le 18), le fameux vibraphoniste Pascal Schumacher, toujours en quartet (le 17), un autre saxophoniste Roby Glod en trio (le 19), le guitariste David Laborier, aussi en trio (le 18), ou les formations Lift, 4S et Paul Fox Collective réunies pour un apéro jazz le 20 (entrée gratuite pour l'occasion).
La crème de la crème
La scène européenne est également bien représentée avec le bassiste suédois Lars Danielsson, au groove élégant, le tromboniste suisse aventureux Samuel Blaser ou le trio mené par le pianiste italien Enrico Pieranunzi, considéré comme l'un des meilleurs au monde et qui a collaboré avec les plus grands (le 19).
Sans compter le pianiste virtuose franco-serbe Bojan Z en solo, le trompettiste Markus Stockhausen, fils du célèbre compositeur, au style très contemplatif, ici en duo avec la clarinettiste néerlandaise Tara Bouman (les 2 le 20), la pianiste belge Nathalie Loriers, issue du Brussels Jazz Orchestra, avec son New Trio, ou le subtil guitariste franco-vietnamien Nguyên Lê, qui s'affranchit des frontières entre pop, rock (Hendrix reste son maître), jazz et musique asiatique (le 17).
Deux autres têtes d'affiche européennes: l'explosif trio allemand Aufgang, qui compte deux pianos et une batterie où se mêlent avec talent improvisation et électronique (le 18), et le jazz atmosphérique aussi envoûtant que mélancolique de Nils Petter Molvaer (le 17).
Enfin, un festival de jazz ne serait pas tout à fait complet sans quelques artistes américains. Ici sont réunis ancienne et nouvelle générations avec Defunkt, du tromboniste-hanteur Joseph Bowie (frère du célèbre Lester), pionnier du jazz-funk depuis les années 70, et le bassiste Kyle Eastwood, le fils de Clint, qui s'est largement fait un prénom avec son jeu élégant lorgnant parfois vers l'électro ou le funk.
Bref, tous les ingrédients sont là pour baptiser ce nouveau rendez-vous.
Christophe Prevost
Rens.: www.jazzmachine.lu.


Dans le souffle
du soleil qui
revient avec
toi, dans l'aube
de mes rêves
qui chante un
poème.
Francesco Sinibaldi
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