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Absolument magique!

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Artiste californien mythique, pionnier du mouvement «Light & Space» (années 60), Doug Wheeler ne donne pas à voir mais à vivre. Ni objet ni installation mais de la lumière qui submerge. Les mots sont impuissants. Lâchez prise.



Après une interminable mise au ban pour cause de trop d'intégrité, trop de pureté, après s'être fâché avec le marché de l'art (avec Robert Irwin et surtout James Turrell, autres piliers de «Light and Space», mouvement né dans les années 60 sur la côte ouest des Etats-Unis), après des années de traversée du désert – qui est toutefois l'élément fondateur et inspirant de l'artiste né en 1939 dans l'espace indéfini de l'Arizona –, voilà que l'histoire se rachète, Doug Wheeler est de retour, son magnétisme aussi, grâce au FRAC de Metz qui lui offre sa première expo personnelle depuis 1975, une première européenne… qui rallie accessoirement MONO, circuit grand-régional de 20 expos monographiques en 15 lieux de Sarre, de Lorraine et du Luxembourg.

Grand et mince, crinière blanche, visage serein (le visage de ceux qui sont revenus de tout), Doug est un solitaire, un contemplatif considéré par Buren comme l'un de ses maîtres mais méconnu par le (grand?) public.

Zénitude


Au FRAC, seulement 3 créations de Doug. Non pas des installations qui utilisent le néon – même si dans le dispositif, aussi complexe que discret, il en est certes question –, non pas seulement des environnements lumineux résultant d'une haute technologie – même s'il est aussi question de cette phénoménale ou miraculeuse collusion entre rayons et peinture phosphorescente, en rais ou en plans – mais des espaces troublés/troublants, aux murs dissous, tricotés par la lumière ou par une matière que l'on s'imagine proche du nuage (à l'exemple du «mur de lumière» que Wheeler réalisa pour la première fois en 1969 et dont le principe se répète au dernier étage du FRAC).

Pour Wheeler, l'essentiel est invisible. Rien qui s'ausculte, rien qui se pèse ni se touche (l'artiste a définitivement rompu avec les objets en plexi). Tout s'expérimente. Inviter sans condition le corps et les sens à perdre leur boussole par expérimentation d'un espace-temps en suspension. La grande obsession de Wheeler, c'est donc la perception, et son médium, c'est la lumière, une substance à explorer dans ses qualités immersive et méditative.

Non content de concevoir des atmosphères d'une rare sensualité, Doug Wheeler crée aujourd'hui, spécialement pour le FRAC (au premier étage), un environnement totalement perceptuel qui ne passe pas par les mots: irradiant et tamisant à la fois, il bouscule la profondeur et les volumes tandis que nos jambes déraisonnent «dans l'espace blanc devenu sans limite».

L'œuvre de Wheeler serait de l'ordre du rituel. «Un rite de passage vers un enchantement!»

Marie-Anne Lorge

Jusqu'au 11 novembre au FRAC Lorraine, 1 bis rue des Trinitaires, Metz, Tél.: 00.33.3.87.74.20.02 et www.fraclorraine.org

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