Betsy Dentzer: «Combattre son impatience»
Série «Les arts pour tous et les artistes partout»: Betsy Dentzer (3). En août, «Le Jeudi» propose une série de portraits de femmes pour qui l'art doit tenir compagnie à la vie. Cette semaine, c'est Betsy Dentzer qui s'y colle.
Betsy Dentzer, née en 1985, a grandi à Bertrange, a étudié à Namur et à Berlin et, depuis janvier 2011, est pédagogue de théâtre et artiste conteuse indépendante au Luxembourg.
Deux mots sur votre parcours.
Betsy Dentzer: «Après mes études d'assistante sociale à Namur, j'ai travaillé un an au Luxembourg avec des personnes sans abri. En vue de pouvoir combiner l'art avec le travail social, j'ai fait un master de deux ans en pédagogie du théâtre à l'université des Arts de Berlin, ainsi qu'une spécialisation en art du conte. Rentrée au Luxembourg, je me suis établie comme indépendante. Mon dernier projet d'envergure a été la mise en scène de Regards - Eng richteg Geschicht?, une pièce de théâtre intergénérationnelle produite par la Kulturfabrik.»
Approche théâtrale des néophytes.
B. D.: «Un des buts de l'expérience, c'est d'apprendre que le processus de la création est très important, voire aussi important que le produit fini. Beaucoup de jeunes sont très imprégnés des émissions casting de la télé, où l'on ne voit que les résultats. Pourtant, il faut apprendre que la créativité a besoin de temps pour se développer, qu'il faut faire des pauses pour réfléchir, que le théâtre est un boulot dur. Il faut combattre son impatience.
A la télé, nous voyons des spectacles avec des effets énormes. Or, les petites choses sont intéressantes. Le défi, c'est d'apprendre à apprécier les petits moments de magie, qui le plus souvent se produisent pendant les répétitions et qui contribuent au bon résultat du travail sur scène.»
Méthode suivie pour "Regards".
B. D.: «Nous avons commencé par l'improvisation. On a mis en commun des expériences individuelles. Nous avons fixé le texte petit à petit. Le seul élément prédéterminé, c'était le cadre: un parc. La créativité a besoin d'un cadre strict pour se développer. Si l'on connaît ses limites, l'on peut aller dans toutes les directions et savoir revenir au point de départ.»
Une exigence de qualité
Théâtre versus clichés?
B. D.: «Le message principal que nous avons voulu transmettre, c'est que, au-delà des différences d'âge, l'essentiel, c'est que nous sommes tous des êtres humains et que chacun est un individu.
C'est logique qu'il existe des différences entre les personnes, mais nous avons également beaucoup de choses en commun et c'est important de les découvrir.»
Influence transformatrice de "Regards" chez les participant(e)s.
B. D.: «La plupart des participants ont découvert de nouvelles façons de s'exprimer et ils étaient fiers de monter sur scène et d'arriver jusqu'au bout d'un projet long et dur.
Un aspect important, c'est la qualité artistique, exigence nécessaire pour valoriser le travail.»
Des projets pour la rentrée?
B. D.: «J'ai plein de projets bouclés jusqu'à l'été 2013! En septembre, je démarrerai avec un projet de formation continue: Keine Angst vor dem Theater! Ensuite, avec la violoncelliste Lisa Berg, je ferai le spectacle de contes E Kuerf voller Geschichten, produit par Traffo-CarréRotondes. Et je travaillerai pour le projet Schéhérazade, sous la direction de Dan Tanson, produit par la Philharmonie, qui se présentera en avril 2013.
Je serai à Mersch, à Dudelange, à Vianden, à Kirchberg, à Beaufort, à Junglinster… En fait, je crois que le public devrait profiter davantage des programmations des nombreux centres culturels présents aux quatre coins du pays.»
Propos recueillis par Paca Rimbau Hernandez


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