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«Le cœur du problème n’est peut-être pas en Somalie»

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Réfugiés somaliens dans un camp non loin de Mogadisco (Photo: afp)

Quand on évoque la Corne de l’Afrique, on pense tout de suite aux millions d’enfants, de femmes, d’hommes et même d’animaux qui souffrent, voire meurent, d’une «famine catastrophique» due à une «sécheresse dramatique». Projecteur politique sur la région.

David Broman



Evoquer la Corne de l’Afrique nous renvoie aussi au «problème somalien». «Mais en regardant la situation en Somalie de plus près, on se rend compte de l’importance de l’implication des voisins dans cette situation et que, finalement, le cœur du problème n’est peut-être pas en Somalie mais ailleurs.» Sonia Le Gouriellec est doctorante en sciences politiques, enseignante à l’Université Paris Descartes et animatrice du blog «Good Morning Afrika - enjeux géopolitiques et stratégiques en Afrique*». Ailleurs… Il est vrai que la région est vaste et complexe. «Il s’agit d’une représentation politique et non géographique comme le Sahel. Personne n’est vraiment d’accord sur sa définition. Stricto sensu, il y a tout de même un accord sur les quatre pays de base.»
Plus sur ce sujet dans l'édition imprimée du 22 décembre 2011
Certes, la Somalie fait partie de ces quatre pays, un territoire grand comme la France qui forme la pointe de la «corne» et qui abrite tant bien que mal 10millions d’habitants. C’est un non-Etat depuis 1991, divisé en trois parties, avec

• au nord, l’ancienne colonie britannique appelée Somaliland, qui a tout d’un Etat indépendant et qui n’attend que sa reconnaissance par la communauté internationale;

• au nord-est, le Puntland, une région autonomiste qui croit encore en la possibilité de faire une Somalie unie et qui serait la plus impliquée dans le phénomène de piraterie;

• et la Somalie du Sud, qui est la région dont on parle parce que c’est là que se trouve la capitale, Mogadiscio, c’est là qu’il y a les intégristes shebabs, issus des «tribunaux islamistes», c’est cette région-là qui est hors de contrôle, en guerre et donc en crise.

En fait, la Somalie ressemble plus à un concept qu’à un Etat, symbolisé par les pointes de l’étoile de son drapeau qui représentent les cinq groupes somalis éparpillés dans les différents Etats de la Corne.

Complexité des réalités 

L’Ethiopie, aussi un des quatre pays, couvre un territoire équivalent à 1,5 fois celui de la Somalie. Seul pays d’Afrique à ne pas avoir été colonisé, l’Ethiopie, contrairement à la Somalie, a une histoire de concentration du pouvoir, d’empire même, un pouvoir qui use de tous les moyens à sa disposition, y compris militaires, pour se maintenir et se renforcer. Cela se traduit par d’interminables conflits de frontières et des interventions dans les Etats les plus faibles, notamment… en Somalie.

Djibouti est le plus petit Etat des quatre – à peine plus grand qu’Israël – mais ô combien stratégique, puisque c’est là que se trouve le détroit de Bab-el-Mandeb.

Le quatrième de la bande de base et dernier arrivé, l’Erythrée, est à peine plus grand que la Bulgarie. Grappillée en tant que colonie par l’Italie durant la seconde moitié du XIXe siècle, l’Erythrée a dû subir, avant d’accéder à l’indépendance en 1993, à l’initiative de la Communauté internationale, une tentative infructueuse de fédération avec l’Ethiopie.

Somalie, Ethiopie, Djibouti et Erythrée…«Mais quand on regarde un peu plus loin, précise Sonia Le Gouriellec, notamment l’organisation internationale qui "gèreâ€? cette région à savoir l’Igad [autorité intergouvernementale sur le développement], s’ajoutent à ces quatre pays le Kenya, le Soudan et l’Ouganda. On parle alors de la Grande Corne de l’Afrique.

D’ailleurs, si on traite du problème somalien, de toutes les façons, on devra élargir l’analyse au Kenya et à l’Ouganda, ces deux pays étant concernés puisqu’ils ont des troupes sur place. L’Ouganda est très impliqué dans la sécurité régionale.

On perçoit donc déjà la complexité des réalités sur le terrain dans celle de la définition de la région.»

D’aucuns sont tentés d’élargir la définition au Yémen. «Je n’irai pas jusque-là, mais effectivement on est souvent amené à prendre en compte le Yémen parce que ce pays fait partie de la dynamique régionale. Surtout quand on parle de la Somalie, il y a énormément d’échanges avec le Yémen, que ce soit la diaspora, ou que ce soient les trafics d’armes, d’êtres humains, etc.»

Et le Soudan? «Personnellement, dit Sonia Le Gouriellec, j’inclus très rarement le Soudan dans mes analyses. Mais maintenant qu’il y a l’existence du Soudan du Sud, qui sera dans l’Igad et qui, a priori, sera très tourné, commercialement notamment, vers l’Ouganda et le Kenya, et que l’Ethiopie fait partie d’une force intermédiaire entre le Soudan du Nord et le Soudan du Sud, on pourra effectivement inclure ce dernier dans la Corne de l’Afrique. Mais ce n’est pas pour tout de suite car ce pays a encore bien des problèmes en interne à régler.»

En fait, la définition de cette Corne dépend principalement de l’angle d’analyse choisi. Mais quel que soit cet angle, on trouve à chaque pas une situation humanitaire catastrophique.

Chaque conflit, ayant produit ses lots de réfugiés, a miné de vastes environnements naturels et des populations entières, les rendant de moins en moins résilients, donc prêts à subir de la pire des façons une des pires sécheresses de l’Histoire de l’humanité.


http://goodmorningafrika.blogspot.com

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Magique, touchant, grave

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Quelle différence entre l'investiture du président Hollande et celle de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy!
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