Der des ders pour le gouvernement, Sarkozy souhaite "bonne chance" à Hollande
Un pas de plus dans la transition a été accompli mercredi, au lendemain de l'image apaisée du duo présidentiel pour le 8-mai, avec le dernier Conseil des ministres du quinquennat, moment "émouvant" lors duquel Nicolas Sarkozy a souhaité "bonne chance" à François Hollande.
Président élu, M. Hollande dirigeait au même moment son dernier conseil politique de campagne, en présence de nombreux ténors du PS, avant son entrée à l'Elysée mardi prochain.
Pour l'occasion, la première secrétaire, Martine Aubry, a affirmé qu'un candidat PS serait maintenu aux législatives face à François Bayrou, malgré son vote en faveur de M. Hollande. Au lendemain de la "parenthèse républicaine" du 8-Mai, saluée par l'ensemble de la presse, l'émotion a sans doute atteint son comble pour les membres du gouvernement sortant, réunis au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré pour le dernier Conseil des ministres de la présidence de Nicolas Sarkozy.
M. Sarkozy a, à nouveau, souhaité "bonne chance" à son successeur, ont indiqué à la sortie plusieurs ministres, après environ 1h15 de réunion.
"C'est un moment particulièrement émouvant, bien entendu", avait auparavant confié sur RTL le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, à qui revenait la tâche "douloureuse de présenter le résultat de l'élection présidentielle". Pour ce rendez-vous historique et nostalgique, Nicolas Sarkozy est arrivé, une fois n'est pas coutume, à la présidence par la grande porte, déposé au pied du perron à 9H25 par sa voiture blindée de fonction. Dossiers sous le bras, il a adressé un bref salut à l'un des huissiers et s'est engouffré dans l'ascenseur qui le mène jusqu'à son bureau au premier étage du palais. François Fillon, qui d'ordinaire rejoint le chef de l'Etat une demi-heure avant le début du Conseil pour un entretien en tête-à-tête, n'est arrivé qu'à 9H45 et l'a immédiatement rejoint dans son bureau.
Le ballet des voitures officielles lui a succédé, déversant tour à tour les 32 ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement.
Parmi les premiers arrivés, Jeannette Bougrab (Jeunesse), Pierre Lellouche (Commerce extérieur) et Bruno Le Maire (Agriculture). Après avoir expédié les dernières affaires courantes - divers projets de lois qu'il reviendra à la future Assemblée de voter -, M. Fillon devait prendre la parole sur "le bilan du quinquennat". Comme il s'y est attaché tout au long de campagne, le chef du gouvernement, qui aura su rester aux côtés de Nicolas Sarkozy pendant toute la durée de son mandat, devait défendre les réformes réalisées, malgré la crise. Ce qu'a confirmé Claude Guéant. "Ce sera l'occasion d'honorer tout ce qui a été fait (...), et je pense que l'histoire en fera crédit à Nicolas Sarkozy", a dit l'ancien secrétaire général de l'Elysée, selon lequel le président sortant "est triste" mais "a le sentiment du devoir accompli". S'il a fait "une campagne dure", M. Sarkozy "a choisi de faire une sortie digne", a relevé sur Europe 1 Pierre Moscovici, responsable de la transition présidentielle dans l'équipe Hollande. "C'est une alternance qui se passe dans des conditions apaisées. On ne va pas s'en plaindre par rapport à 1981", a-t-il ajouté, en allusion à la passation de l'époque entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. Mercredi matin, à son QG du VIIe arrondissement, François Hollande a donc aussi officié pour une dernière, celle de son conseil politique de campagne, dédié notamment à la question des législatives et auquel assistaient les principaux responsables du PS.
Le président élu est arrivé vers 9H10, souriant, mais sans faire de déclaration aux nombreux journalistes présents. Il a serré les mains de quelques curieux venus le saluer. Dans un entretien au quotidien La Montagne publié mercredi, il assure s'être donné comme "impératif" d'être "absolument à la hauteur de la confiance" accordée et de "ne pas décevoir". "Nous sommes au travail pour les législatives, avec un mot d'ordre : donner une belle victoire au changement à l'Assemblée" en juin, a pour sa part commenté le numéro deux du parti, Harlem Désir. Petite surprise, la première secrétaire, Martine Aubry, a assuré que son parti maintenait sa candidate face au président du MoDem, François Bayrou, dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, alors que plusieurs voix dans le mouvement préconisaient le contraire. Elle a rejeté toute idée de "service rendu" par le responsable centriste. "Il ne faut surtout pas relâcher l'effort" dans l'optique des législatives, avait-elle souligné au préalable. Est-elle inquiète ? "Non, (pas) si tout le monde se mobilise".
"Il s'agit de clôturer de façon simple et amicale la campagne longue qui vient de s'écouler", a également dit Ségolène Royal. S'agissant toujours des législatives, la présidente du Front National, Marine Le Pen, a démenti auprès de l'AFP l'existence d'une "liste noire" de candidats UMP "à faire battre à tout prix", disant "réprouver" cette expression employée la veille par le député européen FN Bruno Gollnisch.
AFP


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